Les Galapagos

C’est avec une excitation certaine que l’on grimpe, ce matin, dans le taxi qui nous conduit à l’aéroport de Guayaquil. Pour accéder aux îles tant convoitées et attendues, il faut montrer patte blanche et se délester de quelques billets verts (oui, c’est le dollar américain la monnaie qui a cours en Équateur). Une fois les contrôles et les formalités aéroportuaires effectués, on embarque et on s’installe bien confortablement dans l’avion quand une charmante hôtesse nous aborde en demandant « el señor Théodoloz ?». Daniel se dénonce et est prié de bien vouloir la suivre. Il semblerait qu’il y ait un souci avec la « maleta ». Il sort de l’aéronef, descend sur le tarmac et presse le pas dans le labyrinthe de couloirs normalement interdit au public. Arrivé dans une petite salle, 3 préposés sont assis autour de l’objet du délit. Et on entend ce dialogue dans la langue de Cervantes :

  • Est-ce votre sac ? 
  • Oui ! 
  • Sûr ?
  • Évidemment !
  • Pouvez-vous l’ouvrir ?  

Daniel s’exécute tout en questionnant le « responsable ». Aucune réponse. Il semble bien que l’étiquette dudit sac se soit involontairement envolée (sans avion). 

Retour en catastrophe dans l’avion car c’est plus que l’heure du décollage et c’est l’envol pour les  îles Galapagos tant espérées. Dès notre arrivée, c’est à nouveau contrôle et passage à la caisse (l’inscription de l’archipel à l’UNESCO semble avoir donné des tas d’idées d’invention de taxes diverses et variées et autres frais au gouvernement du pays) mais on se dit que c’est pour la préservation de la faune et la flore de ce lieu exceptionnel alors on s’exécute sans rechigner (on n’a surtout pas le choix !). On se rend au tapis de réception des valises et bien sûr ce qui devait arriver arriva : le bagage de Daniel est resté à Guayaquil s’excuse platement l’hôtesse du comptoir des objets perdus ! On nous promet sa restitution ce soir déjà . 

Aux Galapagos, l’aéroport se trouve sur un petit îlot au nord de l’île de Santa Cruz. Un bus nous conduit jusqu’au port d’où l’on prend un petit bateau qui nous amène sur l’île principale en 5 minutes moyennant quelques piécettes. Depuis là, on choisi l’option taxi qui nous permettra de faire deux arrêts sur la route. Le premiers est aux « gemelos », deux cratères ou gouffres profonds assez spectaculaires reliés par un joli chemin entre les arbres avec quelques informations intéressantes dispensées sur des panneaux de bois relatives à la faune et à la flore environnante. 

Le deuxième stop est dans un sanctuaire de tortues géantes. On reçoit quelques informations sur l’endroit, et sur les caractéristiques des vénérables reptiles. On apprend qu’il y a également sur cette immense propriété des tunnels de lave. Il n’en fallait pas plus pour nos explorateurs en herbes que sont Paco et Taho. Ils filent tambour battant à la recherche des cavités cachées et des tortues disséminées ci et là. La rencontre avec les animaux est un moment assez exceptionnel. Elles sont vraiment immenses, magnifiques et paisibles. Elles se prélassent dans un bain de boue ou mangent des fruits. Rien ne les perturbe, elles vaquent à leurs occupations sans même nous apercevoir. Elles nous impressionnent par leur calme, leur élégance et leur longévité. 

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On reprend notre taxi qui nous conduit jusqu’à la ville de Puerto Ayora, assez propre et relativement bien entretenue. Des projets d’énergie renouvelable ont vu le jour par ici et c’est bien ainsi. On en veut pour preuve la jolie piste cyclable éclairée de candélabres alimentés par des panneaux solaires. Ou encore des poubelles qui invitent au tri sélectif des déchets. 

On s’installe dans notre hôtel confortable en face du petit marché de la cité. 

Pour le premier soir, on a ouï dire que, dans une petite ruelle bordée de troquets sur toute sa longueur, se retrouvent les gens pour y manger poissons et fruits de mer. Tentés par la proposition alléchante, nous nous mettons en route. Arrivé à la fameuse rue, on constate que toutes les tables sont disposées pêle-mêle à même la route. Chaque rabatteur devant son « comedor » tente d’appâter le chaland, vantant ses beaux poissons et ses belles langoustes exposés. On se laisse tenté par un joli poisson rouge, spécialité d’ici, qui sera préparé et cuit en papillote sous nos yeux. On s’est régalé.

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Comment venir aux Galapagos et ne pas évoquer Charles Darwin qui y a élaboré sa théorie sur l’évolution des espèces lors de sa venue en 1835. En sa mémoire a été construit le sanctuaire portant son nom dans lequel nous nous rendons et recevons une multitude d’informations sur les tortues géantes et les iguanes entre autre.

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De retour à l’hôtel, on nous annonce la livraison du sac à Daniel qui aura finalement quand même mis plus de 24 heures pour arriver à destination. Tout est bien qui finit bien. 

Le lendemain, c’est un changement d’île qui est au programme. On se rend sur l’île d’Isabella, à 2 heures de bateau. On se présente au port à l’heure convenue et on comprend que l’on n’est pas les seuls à prendre une embarcation ce matin tant la foule est compacte et nombreuse sur le ponton. On est vite rassuré quand même, on ne va pas tous sur la même île. On est réparti dans différentes « lanchas » rapides d’une vingtaine de personnes. Les moteurs sont mis en marche et c’est parti. Au début, tout le monde est assez joyeux, certains font un peu les malins mais très vite ça se calme. La mer est agitée et notre frêle esquif est balloté comme une coquille de noix. Les 2 heures prévues sont quelque peu prolongées. Certains feront même bon usage du petit sac distribué au départ par le second du capitaine. On vous passe les détails. Pour nous, tout va bien, et on sort du bateau prêt à découvrir les lieux. 

A peine arrivé sur Isabella, on est immédiatement absorbé par le spectacle des otaries qui jouent dans le port et sur le ponton. On est reçu par Jackson notre hôte. Il nous conduit à l’hôtel puis au « centre » pour nous montrer les coins à ne pas manquer : la plage, la promenade avec le mirador, la gouille avec les flamants roses, les petites supérettes et les restaurants sympas. Fort de tous ces bons tuyaux, on mange copieusement puis une baignade ravira les amateurs de vagues.

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La journée suivante, on se met en quête d’un tour opérateur susceptible de nous organiser une petite sortie snorkeling et promenade sur un îlot volcanique (Tintoreras) à la rencontre des iguanes, des tortues marines, des otaries et…des requins. 

On a l’embarras du choix et on jette notre dévolu sur l’un d’entre eux qui semble fiable et professionnel. On s’équipe et le bateau nous conduit à notre lieu de snorkeling. On aura la chance de nager avec les tortues géantes, une otarie, un iguane et une fort jolie variété de poissons.

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Retour sur le bateau et petit tour jusqu’à l’îlot volcanique. On chemine dans un paysage surréaliste fait de pierres volcaniques noires et d’arbustes jusqu’à un petit bassin naturel protégé et relié à l’océan dans lequel nagent paisiblement 5 ou 6 requins. Et croyez le ou non, c’est le seul endroit au monde où vous pouvez voir une otarie nageant après un requin pour jouer avec lui en tentant de lui attraper les nageoires. En rentrant, on voit aussi quelques spécimens assez emblématiques d’ici : des fous de Bassan aux pieds bleus et des manchots des Galapagos.

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L’île d’Isabella se prête bien à la pratique du vélo. Il y a quelques jolis sentiers aménagés. On enfourche nos montures de location et on pédale jusqu’à la « laguna » dans laquelle devraient se prélasser des flamants roses. Ils étaient bien là, éclatant de beauté en robe rose superbe, certains sur une patte, le bec enfoui sous leur plumage se reposant, d’autres fouillant le fond du bassin à la recherche de nourriture. Au retour, on dépose nos bicyclettes à l’approche d’un joli sentier de planches qui serpente entre mangroves, forêts, lagunes et pierres volcaniques. C’est paisible et reposant. Tout en prenant le temps de cheminer tranquillement, on y voit moult jolis oiseaux. 

Sur cette île, le seul bémol qu’on soulignera quand même, parce qu’il fait peine à voir, c’est le problème des déchets proche des habitations. Il est navrant de voir des tas d’ordures traînant ici et là. Nous ne nous attendions pas à ça, pas ici ! C’est regrettable et on espère une rapide prise de conscience pour mettre fin à ce spectacle désolant. 

Après quelques jour sur l’île, déjà se profile le retour bien matinal sur Santa Cruz (départ de l’embarcation à 6:00 tapantes) qui laisse augurer le pire, au vu de notre aller quelque peu agité. On serre bien notre gilet de sauvetage, on se cale sur notre siège et c’est parti. Le bateau fend les vagues, il est certes ballotté et chahuté mais peut-être qu’on s’est déjà habitué et c’est sans encombre qu’on met pied à terre sur Santa Cruz 2 heures plus tard.  

Arrivé au port, on s’offre un copieux déjeuner puis c’est à l’hôtel qu’on se rend pour regarder le très attendu match Brésil-Suisse. Quand vient le soir, on se devait de célébrer cet « exploit » de notre Nati qui a tenu en échec le pays où le football est une religion. Et une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, c’est aujourd’hui l’anniversaire de Daniel et c’est tout naturellement dans la petite rue animée de bars et de restos qu’on s’en vient et qu’on choisi pour repas des belles et délicieuses langoustes grillées. 

Ainsi touche à sa fin notre découverte de cet archipel extraordinaire où la faune et la flore endémiques sont protégées et conservées dans des conditions optimales et où la cohabitation entre hommes et animaux est belle à voir. En remontant dans l’avion, on prend conscience de la chance que l’on a eu de voir tant de beautés et la nature magnifique à l’état brut. C’est le regard perdu vers l’océan se déroulant à l’infini que se referme cette parenthèse unique et enchanteresse. 

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2 réflexions sur “Les Galapagos

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