Laos

Vientiane, notre première escale laotienne, nous laisse une agréable impression. Premièrement on traverse déjà le Mékong pour y accéder et c’est quand même quelque chose tant son simple nom évoque à lui seul un pan entier de l’histoire troublée indochinoise avec son lot d’épopées et de faits d’armes y relatifs. On en veut pour preuve le très interessant musée sur les horreurs de la guerre et les mutilations subies par tant d’innocents dues aux milliers d’engins explosifs ayant été déversés par des centaines et des centaines de raids aériens visant le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam. Le problème persiste actuellement encore et des centaines de victimes sont hélas à dénombrer chaque année dû à la rencontre fortuite avec un de ces engins n’ayant encore pas explosé, resté enfoui et caché depuis de nombreuses années. Un seul coup de bêche dessus ou un feu allumé trop près, c’est la détonation…et les tristes conséquences qui l’accompagnent.

Mais notre article ne se veut pas un cours d’histoire et on ne voudrait pas plomber (sans mauvais jeu de mots) l’ambiance et surtout on n’a pas la prétention de porter un jugement sur les faits graves et douloureux s’étant déroulés dans la péninsule indochinoise ces 70 dernières années. Alors on se cantonne au voyage et son lot de magnifiques surprises rencontrées ci et là mais sans se voiler la face et dans un profond respect des lieux et populations rencontrés ou croisés au fil de nos aventures.

Deuxièmement Vientiane, c’est une architecture style colonial, des beaux édifices religieux typiques d’Asie du Sud-Est, une grande avenue avec le monument de la victoire et une excellente cuisine asiatique aux accents français qui apportent une touche de raffinement et des goûts riches et variés. Sans parler des boulangeries et leurs spécialités de l’hexagone. En bordure du Mékong trône un beau parc investi par les sportifs de tous genres (aérobic, badminton, football, etc…) et un sympathique marché coloré et animé avec des gens toujours souriants.

On a en point de mire la très célèbre cité de Luang Prabang mais la route est longue et sinueuse donc on prévoit une halte de deux jours à Vang Vieng.

On n’a pas regretté notre étape intermédiaire, c’était drôlement récréatif et cette petite ville lovée contre la Sam Song River possède un charme incontestable. C’est que la nature est omniprésente aux alentours et les possibilités d’activités innombrables. On s’est contenté d’un peu de « tubbing » (avec nos excuses auprès des puristes et défenseurs de la langue française mais on n’a pas trouvé la traduction exacte dans la langue de Molière) dans une grottes à l’eau très rafraîchissante et pour le moins revigorante. On a vogué une bonne demi-heure sur notre embarcation (chambre à air) le long d’un fil d’Ariane dans un labyrinthe inondé à la lumière des faisceaux lumineux courant sur les parois de la cavité obscure (on avait reçu chacun une lampe frontale) formant des ombres dansantes et étranges.

Pour finir notre excursion, c’est une descente de la rivière en canoë sur environ huit kilomètres qui nous attendait. Ce n’est pas non plus la descente de l’Aare mais c’était un bien agréable moment dans un paysage magnifique. Le long des rives animées et desquelles on a capté de beaux moments de vie campagnarde : quelques bœufs boivent dans la rivière ici, une embarcation de bois fait l’objet de rénovation là ou encore ces habitants du lieu faisant leur lessive. Avec, en toile de fond, des belles montagnes vertes couvertes de forêts.

On prend le bus, quelques longues heures, on passe par les montagnes, on gravit des cols et c’est l’arrivée à Luang Prabang, ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis plus de vingt ans et on comprend pourquoi.

Cette ville est un bijou avec des constructions coloniales au milieu d’édifices laotiens qui lui confèrent un style d’une grande richesse architecturale et au charme préservé. Notre guide de voyage l’avait prédit : prévoyez de rester plus longtemps qu’envisagé à Luang Prabang. Et il ne s’était pas trompé, on a juste envie d’y revenir et reprendre le temps d’y flâner et d’observer tranquillement la douce animation des belles ruelles de la ville tant l’air y est paisible et plaisant dans cette atmosphère décontractée et reposante.

Même la campagne alentours vaut le déplacement. On s’était laissé dire que de magnifiques chutes d’eau gratifiaient la région d’une curiosité géologique assez exceptionnelle. Ça valait bien le déplacement en effet, une belle cascade d’eau pure et claire s’élançant de la montagne pour plonger dans un bassin peu profond au fond clair, sorte de lagon à l’eau turquoise qui confère à l’endroit un semblant de paradis entouré de forêt luxuriante. C’est au total une succession de trois bassins qui parachèvent cette œuvre dont seule la nature à le secret.

C’est avec ces images de superbes paysages, de petits villages posés ci et là dans la campagne bordée de denses forêts et de villes ma foi fort agréables que nous quittons à contrecœur le Laos, mais la suite du voyage promet à n’en point douter de belles découvertes et c’est dans cet esprit que nous mettons le cap sur le Cambodge.

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