Avant de rejoindre Salta et sa région, on s’arrête deux jours à Buenos Aires, histoire de ne pas louper la capitale argentine aux multiples facettes. Dans le quartier de San Telmo où l’on séjourne, il y a beaucoup d’antiquaires et des petits bistrots. Il y a même un camelot qui a eu la bonne idée de regrouper les deux activités qui se complètent admirablement bien dans un joyeux fatras organisé. On y mange très bien entouré de vieilles fripes, statues, voitures ou autres maquettes de bateaux. Le lieu est assez unique, envoûtant et sort de l’ordinaire. Nous avons aussi profité de nous promener le long de l’ancien port rénové avec bon goût et de visiter le quartier coloré de la Boca et son très célèbre stade de football des Boca Juniors (La Bombonera pour les initiés) sur fond de tango dans les rues animées.
En arrivant à Salta, nous faisons connaissance avec Jaco, descendant des incas, qui sera notre guide pour quelques jours afin de découvrir cette magnifique région. On met le cap sur Cafayate et son très réputé vignoble. En chemin, on s’arrête dans le col des flèches, à l’est de la cordillère de Carahuasi. Nous allons voir la gorge du diable et l’amphithéâtre, deux lieux assez impressionnants qui sont des formations calcaires sculptées il y a des millénaires par les éléments. Les plaines ont laissé la place aux montagnes aux couleurs diverses : blanc-jaune, rouge, vert, gris, noir pour n’en citer que quelques unes. Des cactus, appelés « cardons », peuplent les flancs des montagnes et au fond coule paisiblement une jolie rivière sous un ciel invariablement bleu et un soleil omniprésent. Voilà pour planter le décor.
Cafayate abrite des vignobles d’une importance considérable en Argentine. On y cultive plusieurs cépages dont bien entendu le Malbec, référence absolue de ce pays sud-américain. Il accompagne merveilleusement bien l’excellent « Lomo de chorizo » mangé sur la terrasse à la place centrale de la petite ville. Pour être complet en matière de vin, on n’oublie pas de rendre honneur au Torontes, excellent blanc cultivé sur ces terres calcaires et arides.
Mais il n’y a pas que le vin qui fait la fierté du coin, on apprend que le fromage de chèvre se distingue et est grandement apprécié. Les chèvres sont de Suisse ! de Saanen pour être précis. Elles produisent du lait en grande quantité et sont parfaitement adaptées au terrain local. Une petite dégustation de fromages nous a permis de constater que le résultat est plutôt bon.
Notre boucle qui nous reconduit à Salta passe par un joli col de la pierre del Molino à 3348 m puis on redescend le long de la montagne, une fois n’est pas coutume, dans un épais brouillard pour nous rendre à Purmamarca, un bijou de petit village accroché à la montagne. La particularité du lieu, c’est la montagne aux sept couleurs. Quand on nous en parle, on se dit que ça paraît beaucoup 7 coloris pour une seule montagne, il ne faudrait pas exagérer! Mais à y regarder de plus près, on constate en effet que toutes y sont et c’est un spectacle assez extraordinaire, il y a du vert, du gris, du rouge, du jaune… Nous sommes malheureusement arrivés trop tard dans la journée pour faire de belles photos car le soleil était déjà parti.







Dommage de ne pas pouvoir rester par ici plus longtemps, c’est bucolique et fort agréable. Mais on a une belle excursion au programme : la salina grande. Cette fois le col à franchir dépasse les 4’000 m ! Et en redescendant sur l’autre versant on aperçoit au loin, « en plaine » à 3500m, une vaste étendue blanche. On se parque à côté et on y déambule. Notre premier réflexe consiste à assurer nos pas tant cette étendue ressemble à un lac gelé. Le paysage est complètement irréel et après quelques prises de vues c’est malheureusement déjà le moment de filer à Salta.
Cette ville, c’est une jolie rue piétonne animée avec des boutiques et échoppes de part et d’autre. Il y a une très jolie place et des beaux édifices religieux hérités de l’époque coloniale, composante omniprésente dans toute l’Amérique du Sud. Dans le musée d’archéologie de haute montagne, on apprend une quantité d’informations sur la vie, les coutumes, l’organisation de l’empire inca. Des momies d’enfants, découvertes au sommet du volcan Llullaillaco en 1999 à plus de 6’000 m d’altitude dans un état de conservation exceptionnel, laisse un sentiment étrange tant on a l’impression de se trouver face à un gamin juste endormi.
Enfin, à Salta il y a la haute colline de San Bernardo et son télécabine. L’idée est d’y monter à pied par un joli sentier serpentant dans la forêt et comprenant pas loin de 1’100 marches puis de s’économiser et redescendre par les airs. L’exercice semble être à notre portée et le groupe se met joyeusement en marche à l’assaut du « cierro ». Arrivés au sommet, le pique-nique, préparé le matin par José, Sylvette, Jean-Claude et Gisèle, nous revigore et dans un élan de zèle, la décision de redescendre sur nos jambes est prise à l’unanimité.

Il est déjà temps de penser au départ pour le Chili et c’est en bus que l’on rejoint San Pedro de Atacama en gravissant des cols à plus de 4’000 m d’altitude et en traversant la cordillère. Dix heures de trajet plus un passage de douane minutieux et méticuleux nous conduisent dans un paysage complètement irréel et désertique.
