La vallée sacrée

Quand on planifie un voyage tel que celui que l’on a entrepris et que l’on projette de visiter le Pérou, il y a un lieu mythique dont la seule évocation fait rêver : Le Machu Picchu. Il est, pour nous, un lieu emblématique fait de légendes et de personnages illustres, de dignes et fiers descendants de dynasties impériales des Andes et de valeureux et solides combattants. 

C’est vrai qu’on avait déjà rencontré quelques bribes et traces de la grandeur et de la puissance des Incas au travers de ruines ou par la transmission du savoir faire artisanal ancestral dans une grande partie de l’Amérique du Sud. 

On ne réécrira pas l’histoire mais il aurait certainement été intéressant d’imaginer l’avenir et de redessiner la carte de l’Amérique du Sud dans son ensemble sans l’intervention et l’ingérence de l’armada espagnole dès les années 1530. 

L’intéressant, aujourd’hui, n’est pas tant aux suppositions et hypothèses mais bel et bien à l’exploration de cette fameuse vallée dans laquelle on retrouve une quantité assez phénoménale de ruines, de traces et de témoignages du grand empire qui régnât naguère sur ces terres. 

Tout commence à Cusco dont on vous a déjà vanté la beauté et la grandeur. C’est aux abords de la cité même que l’on fait une première halte au lieu-dit de Saqsaywamán (on vous met au défi de le prononcer sans fourcher à la première lecture !), immense forteresse sur les hauteurs de la ville qui fut témoin d’âpres et acharnés combats entre Espagnols et Incas. Devant l’inégalité des forces en présence, les andins n’eurent d’autre choix que de battre en retraite et de se réfugier dans les montagnes qu’ils connaissaient si bien et qui leur permettraient d’organiser leur défense et la riposte. 

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Ce qui nous conduit à notre deuxième arrêt dans la localité de Písac. On pourrait croire à un « mini » Machu Picchu, des terrasses impressionnantes accrochées aux flancs de la montagne aux pics acérés et les restes d’une cité fortifiée tout en haut sous les nuages. On adorera se perdre dans le dédale de ruines, de chemins et de maisonnettes et une fois arrivé au sommet, contempler avec émerveillement les magnifiques paysages alentours. 

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Pour cette journée, notre exploration de la vallée sacrée touche à sa fin et c’est à Ollantaytambo que nous déposons nos besaces. Le village est accueillant mais est orienté tourisme à l’excès. C’est que l’on se rapproche du Machu Picchu et on sent bien que les gens de passage transitent ici presque par obligation. En effet, c’est de là que part le train pour la cité cachée des Incas et le chemin de fer constitue l’unique moyen de la rejoindre… ou presque. Il y a la possibilité d’emprunter le chemin de l’Inca qui se parcourt en 4 à 5 jours à pied sur une distance de plus de 40 kilomètres. On hésite…pas très longtemps, le train nous conviendra fort bien. 

Le lendemain, on se lève assez tôt afin de profiter de notre matinée pour visiter les ruines surplombant la bourgade. On est impressionné par la technique hors pair dont ont fait preuve les ingénieurs en génie civil de jadis. Ils ont canalisé l’eau, modifié le cours de la rivière et transformé le paysage pour leurs besoins et activités. 

A midi, on se met en route, direction la gare où le train pour Aguas Calientes nous attend. C’est dans un profond et impressionnant canyon que nous emmène le magnifique convoi d’Inca Rail avec ses sièges confortables et son service trois étoiles. Les falaises sont vertigineuses et couvertes de forêts denses. A la faveur d’une trouée, on aperçoit les hautes cimes enneigées. Le paysage est à couper le souffle.

On passe la nuit à Aguas Calientes et on s’endort excité à l’idée de se rendre le lendemain, dès l’aube, au Machu Picchu. 

05h30 le réveil sonne et c’est sans difficulté aucune que l’on se lève et que l’on avale un rapide petit déjeuner. On rejoint, dans la rue, la longue file d’attente du bus pour la cité des nuages. On craint une interminable attente. Finalement, tout est assez rapide et notre car attaque vite la forte pente et les lacets serrés qui conduisent au site. Les portes du bus s’ouvrent et on se présente au contrôle des billets, passeports en mains en ayant pris soin de s’adjoindre des services d’une guide francophone. 

Premiers pas dans l’enceinte et c’est la découverte de ce lieu tant attendu. Alors s’empare de nous tous une émotion difficile à transcrire tant l’impression est époustouflante et nous restons bouche bée devant un tel tableau. Si vous avez eu la chance d’y être venu un jour, vous comprenez sans peine de quoi on parle. Pour les autres, il faut absolument venir voir cette œuvre d’art de vos propres yeux. 

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On en profite tant et plus, on joue les prolongations jusqu’aux derniers instants de la validité de notre précieux sésame. On s’interroge sur la vie qui régnait ici, sur la difficulté de construire dans un tel lieu et pourquoi les Incas ont-ils déserté la cité alors que les Espagnols ne l’on jamais trouvée… Une quantité de mystères plane encore sur cette civilisation qui n’a pas laissé d’écrits… Puis on se résigne à partir et on entame la descente à pied jusqu’au village. 

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On se remet de nos émotions dans une petite boulangerie française. Le patron, d’une gentillesse incroyable, nous a rassasié et retapé avec son chocolat, ses pâtisseries délicieuses et ses gâteaux divins. 

Repus et enchantés de notre journée, nous pouvions dès lors nous en revenir tranquillement à Ollantaytambo puis à Cusco le lendemain. 

Trois petits arrêts intéressants étaient encore programmés : les salines de Maras, où la récolte de sel dans les bassins se faisait déjà du temps des Incas et cette activité perdure toujours de nos jours.

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Ensuite, à Moray un lieu tout à fait insolite d’expérimentations agricoles incas. Des terrasses circulaires dans une cuvette naturelle et qui font, d’un prime abord, penser à un amphithéâtre. En fait, ces marches géantes reproduisaient plus de 10 climats différents que l’on retrouve dans les Andes. Ainsi les agronomes avaient loisir de tester l’adaptation et la résistance de différents semis et plantes. 

Enfin, passage par le petit village de Chinchero avec ses ruines pré hispaniques impressionnantes et bâtie au centre de celles-ci, son église, célèbre pour ses peintures murales superbes datant du milieu du 17ème siècle. 

Quand on rentre à Cusco, fort de notre expédition enchanteresse, on ne se rend pas encore bien compte de tous ces trésors que l’on a admirés, de tous ces vestiges et témoignages qui nous ont marqués et dont on se rappellera certainement très longtemps. 

C’est un changement complet d’aventures qui nous attend pour le lendemain déjà. 

Savez-vous que le nord du Pérou possède des plages magnifiques ? 

Non? Nous non plus. 

Et bien, on vous propose d’aller voir pour vous et de vous en donner un aperçu. 

En route pour Lima, Piura puis Mancara.


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