Arequipa, le canyon de Colca (Taho et la mule) et Cusco

Avant d’arriver à Arequipa par la route, on transite par l’Altiplano péruvien depuis le lac Titicaca. A l’approche de la ville se dresse fièrement dans un des derniers virages une immense cimenterie qui explique le nombre impressionnant de camions qui vont et qui viennent à ses abords. Elle rend l’air un peu poussiéreux et n’offre pas une vue des plus mirifiques des « banlieues » de la cité. 

Pour trouver du charme et des beaux édifices, il faut se rendre en vieille ville, dans le quartier historique de la bourgade. Il faut bien reconnaître et admettre que la conquête espagnole a modelé et uniformisé toutes les villes d’Amérique du Sud. Il s’y trouve systématiquement la place d’armes, entourée très souvent par de beaux bâtiments. Jamais très loin, une ou plusieurs églises pour répandre la « bonne parole » et, christianisme oblige, des couvents par ici ou là. 

En parlant de couvent, en voici un qui vaut spécialement le détour. Celui de Santa Catarina tant pour sa taille que sa beauté architecturale. Sous l’impulsion de l’implantation et la diffusion de l’évangile, les catholiques créèrent un couvent immense et magnifique à Arequipa, une ville dans la ville. 

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N’y entrait pas qui voulait. Il fallait montrer patte blanche et surtout avoir les poches pleines. En effet, pour figurer dans les bons papiers de l’Eglise et assurer à chaque membre de la famille une place de choix auprès du Saint-Père après trépas, il fallait ne pas hésiter à arroser copieusement le clergé et faire preuve de largesse et de générosité. Ici y résidait plus de 100 femmes uniquement de bonnes et riches familles issues de la vieille Europe. Elles n’avaient pas souvent choisi cette « vocation » mais se l’étaient vues imposer. Le raffinement, le calme et l’architecture des lieux nous ont laissés cois d’admiration. On aurait bien prolongé ces moments d’apaisement mais d’autres lieux nous appelaient. 

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Après les églises, les places et les couvents, on vous emmène en promenade en pleine nature. 

A une petite centaine de kilomètres d’Arequipa se trouve le Canyon de Colca, le plus profond du monde ! (foi de péruvien). Pour y arriver, il faut gravir des cols à près de 5’000 m où l’air et l’herbe commencent cruellement à faire défaut et redescendre prendre son souffle dans des vallées vertes et profondes sous le vol majestueux des condors. 

On nous promet une jolie promenade sacs à dos rivés sur les épaules pour atteindre le fond du canyon et sa rivière tumultueuse. Le moins qu’on puisse dire c’est que ça ressemblait plus à un chemin de croix qu’a une promenade de santé. 

Un dénivelé de 1’100 mètres négatif sur 7 kilomètres : ah ben oui, ça calme direct ! Bon, c’est que de la descente, se dit-on, ça va aller. 

Mais c’était sans compter sur l’état du chemin : caillouteux, glissant, poussiéreux et fait d’une quantité impensable de marches de pierres compliquées à négocier se trouvant en permanence au bord du précipice… il faut avoir le pied sûr, ce n’est pas le moment de se rater. 

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Enfin, on arrive quand même en-bas mais plus fatigué que si on l’avait fait dans l’autre sens (du moins pense-t-on) ! Et c’est à cet instant que votre esprit vif et acéré vous fait dire : « oui mais tout ce qu’on descend, il faut bien le remonter » et vous n’avez pas tort, à la seule nuance que jaillit dans nos têtes une idée lumineuse quand en cheminant vers le bas on a croisé des mules. Et oui, vous avez saisi, la mule péruvienne sera notre moyen de locomotion du lendemain pour l’ascension. Sauf pour Daniel, par crainte du quadrupède ou par simple fierté de boucler l’aller-retour du canyon sur ses 2 pattes…on ne saura jamais !

4h00 du mat’, départ à pied pour le marcheur avec le guide pour 3 bonnes heures de grimpette. Arrivée atteinte dans le temps fixé, parcours difficile mais réalisé sans pépin. 

6h00, départ des mules dans un air de « joyeux anniversaire » chanté par Paco et Taho à l’attention de leur maman. 

Tous constatèrent assez vite qu’elles avancent sacrément vite les bourriques ! Oups, on n’aurait pas dû utiliser ce terme, elles n’aiment pas ! même qu’elles sont sérieusement susceptibles et que ce sont de vraies têtes de m… (mule) bien sûr ! Tant et si bien que devant leur manque de discipline, nos 3 cavaliers en herbe se sont trouvés ballottés, chahutés et finalement même désarçonnés…surtout Taho ! Et le comble de la malchance, c’est qu’il s’est fait marcher sur l’abdomen, alors qu’il gisait au sol, par la mule de son frère qui suivait. 

Petite mésaventure dont on se serait bien passé et qui nous fera prendre la décision de retourner le plus vite possible (après que chacun se soit quand même courageusement remis en selle sur son « destrier » presque jusqu’en-haut) dans une clinique dûment équipée à Arequipa (sans jeu de mot) pour un contrôle approfondi du ventre de notre jockey malheureux. La ville est quand même à pas loin de 4 heures de voiture par monts et par vaux durant lesquelles on n’aura de cesse de l’interroger sur son état de santé.  

On ressortira de l’établissement médical quelques longues heures plus tard rassuré sur l’état des viscères de notre poids plume. Ce qui nous réjouira et contribuera à fêter dignement l’anniversaire de la doyenne de la famille dans un chaleureux restaurant aux lumières tamisées tenu par un compatriote dont la rencontre entre la cuisine des Andes et celle des Alpes est une pure merveille (Zig Zag café…retenez absolument le nom si vous comptez venir un jour à Arequipa). 

Le lendemain, c’est le voyage jusqu’à Cusco qui nous attend. 

Cusco, le nombril du monde, l’ancienne capitale Inca et sa vallée sacrée où en guise d’apothéose on foulera le vénérable Machu Picchu (mais patience, ce n’est pas pour tout de suite). 

La ville a des allures de forteresse, ci et là se dressent encore d’épais murs hérités de la période pré hispanique. Les pierres s’emboîtent, s’imbriquent et défient le temps. Tout ciment ou mortier est superflu tant les architectes d’autrefois maîtrisaient les éléments et excellaient dans leur art de la construction durable. Des places magnifiques avec des édifices non moins superbes et impressionnants complètent et harmonisent l’architecture de la ville sacrée. 

Un petit passage à la clinique était programmé pour notre cavalier du dimanche afin de confirmer les résultats de la veille. Et après une nouvelle batterie de tests corroborants les précédents, on tire un trait final sur ce fâcheux épisode équestre, étant conscient que l’on a eu beaucoup de chance sur ce coup-là. 

On planifie et organise notre excursion pour la vallée sacrée sur 3 jours avec un fort joli programme de visites et découvertes en ligne de mire dont on vous réserve l’exclusivité dans notre prochain article. 


2 réflexions sur “Arequipa, le canyon de Colca (Taho et la mule) et Cusco

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