On quitte Copacabana en bus et par la même occasion la Bolivie qui, soit dit en passant, restera, à nos yeux unanimes, une magnifique et agréable surprise. Aussi bien ses paysages grandioses que l’amabilité et la gentillesse de ses habitants nous ont touchés et marqués. Nous avons adoré ce pays soumis à ce climat rude et difficile de l’Altiplano et des montagnes enneigées de la Cordillère. Nous avons aimé ces gens simples et robustes adaptés à leur environnement, forçant l’admiration dans la difficile exécution de leurs pénibles tâches quotidiennes.
Le passage de la douane ne pose aucun problème et les formalités ne prennent que quelques minutes. Le bus nous dépose à Puno en terres péruviennes mais toujours sur les rives du lac Titicaca.
Pour satisfaire la curiosité des amateurs de chiffres, sachez que ce beau et grand lac d’altitude possède une superficie de 8’562 km2, une longueur de 190 km et une largeur de 80 km. Il se situe à une altitude de 3’812 m et sa profondeur maximale est de 281 m. 60 % de sa surface se situe sur territoire péruvien et 40 % sur celui de la Bolivie. Voilà pour l’aspect géographique.
La ville de Puno possède quelques jolies places, des églises coloniales de grandes envergures et comme dans tout le Pérou une gastronomie d’excellente qualité et de haute volée. C’est ainsi que Chantal, dans un élan incontrôlé d’envie de découverte, s’offrit sans retenue aucune, le met si raffiné et réputé péruvien par excellence : le cochon d’Inde frit ! Verdict ? Assez moyen finalement, peu de goût et pas exceptionnel. Ça reste presque une déception. Fort heureusement, on se rattrapera un autre jour avec de la cuisine andine fusion tout à fait excellente.

Ce qui nous intéressait dans cette région du lac andin c’était aussi ses îles. Il y en a de deux sortes, les « véritables » en dur, faites de pierre et de terre et les flottantes faites de roseaux. Dans le but de découvrir les deux style, une petite excursion est organisée. On se rend au port et c’est le départ en bateau pour un arrêt sur une des îles flottantes d’Uros. Alors autant le dire tout de suite, c’est bien une sensation extraordinaire et étrange que l’on ressent en posant le pied sur l’épaisse couche de roseaux. C’est un peu mou et malgré sa relative grand taille et son solide ancrage, l’île bouge un peu au gré des vents et des courants. Les habitants bâtisseurs passent de nombreuses heures, semaines voire mois à édifier leur île. Cette dernière est composée en premier lieu d’une épaisse couche très compacte de racines de la plante aquatique puis ils y ajoutent des couches successives de roseaux coupés et entremêlés. Ainsi, construit-on une île flottante. Enfin, chaque deux semaines, ils rajoutent une nouvelle couche de la plante à tige coupées pour maintenir l’étanchéité. Des maisonnettes de…roseaux bien évidement, complètent ce paysage atypique et surréaliste.
Puis c’est le départ direction Amantani. Sur cette île, la communauté résidente a eu l’intelligence de réglementer l’ensemble du tourisme posant le pied sur cette terre. Tant et si bien que chaque touriste se voit attribuer une famille insulaire qui sera son guide le temps de découvrir le petit bout de terre, ses paysages, son folklore et ses coutumes. On passe une nuit tout en authenticité dans une jolie maison sans électricité ou presque, à l’atmosphère chaleureuse d’une famille généreuse, aux valeurs pures et au charme désuet de la vie simple mais rude disparue depuis longtemps de nos contrées hyper connectées et « développées à outrance ».

La soirée est consacrée à l’immersion totale dans la culture locale. La petite communauté est en fête et c’est au son des flûtes de pan et autres tambours de l’orchestre du coin que nous participons aux danses andines en habits traditionnels gracieusement mis à disposition par nos hôtes. Paco a tellement adoré ce moment qu’il a fini par acheter le poncho d’apparat.
Le lendemain, on quitte nos hôtes pour rejoindre l’île de Taquile à un jet de pierre. L’atmosphère y est un peu différente. Il y a des restaurants et tout est conçu pour recevoir les touristes de passage l’espace de quelques heures. Mais nous, on en voulait un peu plus, raison pour laquelle on a convenu d’y passer une nuit chez l’habitant. C’est là que réellement on vit, on partage et on comprend la vie de ces gens, de leur vision de l’existence, de leurs attentes et de leur profond attachement à leurs racines et leur terre.
C’est un brin chamboulé qu’on reprend le bateau le lendemain pour s’en revenir à Puno. Le trajet dure trois heures et on a tout le temps de repenser à nos belles rencontres et aux agréables moments de partages de ces deux jours passés sur le Lac Titicaca.
De là, on prend le bus pour Arequipa. Trajet un peu compliqué! On nous avait promis un joli bus confortable et sûr. On se retrouve dans un autocar sérieusement défraîchi, sale et peu engageant. Après quelques heures, un arrêt impromptu en plein Altiplano nous fait craindre le pire. Quelques hommes en uniforme nous intiment sans ménagement l’ordre de descendre du bus pour un contrôle ! Quand on en demande les raisons, on nous répond vaguement et sans grande conviction que les fruits sont en cause et que l’importation dans la région d’Arequipa est très réglementée. On comprendra vite que le contrôle n’est qu’une grande mascarade, mais on s’y plie de bonne grâce pour éviter tout problème avec les autorités péruviennes. C’est finalement sains et saufs (et avec nos fruits achetés à Puno !) que l’on rejoint la deuxième ville du Pérou, avec une population dépassant le million d’habitants, coincée au pied de vénérables montagnes dont le mythique volcan Misti.
La région est très belle et ce n’est pas loin d’ici que se trouve le très fameux canyon de Colca qui marquera « au fer rouge » la suite de nos aventures.

Mais que vous êtes magnifiques en Andins! J’avoue que l’Amérique du Sud me plaît énormément.Je poursuis ma lecture:-)
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Nous, on trouvait que ça leur allait quand même bien mieux à eux qu’à nous… lol
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