Sel et mine 

Quand on débarque de notre bus, c’est un peu l’effervescence au terminal. En effet chacun décoche son plus beau sourire pour appâter le client arrivant qui voudra bien lui acheter son forcément inoubliable circuit dans le Salar. On sourit poliment en remerciant tous ces gens chaleureusement pour leurs offres, se disant que l’on a le temps et que l’on se mettra en quête du tour opérateur le plus convaincant demain. On profite de l’après-midi pour prendre nos marques et nos repères dans la ville. Ce n’est pas très grand par ici, certes assez étendu, mais les centres d’intérêt de la bourgade sont finalement assez limités. Quand on a vu la place centrale, la petite tour de l’horloge et le marché, lieu toujours très animé où que l’on soit, et bien on a gentiment tout vu. L’essentiel n’est pas en ville mais bien aux abords de cette dernière. 

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Le soir, on pousse la porte d’un troquet totalement déserté, c’est vrai qu’on est un peu tôt pour souper. On y est reçu par une adorable grand-maman qui fait le service, la cuisine et la vaisselle. Finalement on y mange simplement mais c’est authentique et sans chichi et c’est bien ça que l’on recherchait. 

A Uyuni, les hôtels, pensions ou auberges de jeunesse, c’est un peu la misère. Nous avons jeté notre dévolu sur un hébergement qui promettait certains standards de propreté et de confort basiques. Sans faire les pénibles et les difficiles, c’était limite limite. Bref, l’intérêt n’est pas tant la nuit et notre sommeil mais bien le jour et nos activités. C’est ainsi que dès le lendemain matin, la chasse au tour opérateur est ouverte. 

Notre choix s’est porté sur un tour d’une journée avec promesse d’activités riches et variées. 

Le rendez-vous est prévu pour le lendemain en milieu de matinée et notre gros 4×4 nous attend pour nous emmener en balade. Premier arrêt : le cimetière de trains. On s’arrête en bordure de la ville où, dans un terrain vague, sont entreposées des dizaines de vieilles locos à vapeur rouillées dont certaines à moitié désossées. L’impression est assez étrange, en effet, on hésite entre curiosité historique et simple décharge à ciel ouvert. Mais le site est unique, assez intéressant, fait la joie des enfants et témoigne de l’intense activité qui régnait naguère dans la région du temps de l’extraction des différents minerais qui faisaient sa richesse.  

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Le deuxième arrêt consiste en une visite d’un marché dans un petit village typique dont la communauté se revendique descendants directs des Incas. Ensuite, nous entrons dans le Salar à proprement dit. C’est assez impressionnant de rouler sur cette surface plane de près de 17’000 km carrés. Une telle grandeur permet à chacun de trouver sa route et faire sa trace dans le sel sans empiéter sur les pistes des autres véhicules. Après quelques minutes, on se parque devant l’hôtel de sel appelé sans grande originalité « playa blanca », on y mange sur des tables et des sièges en sel, les murs  et le sol sont aussi en sodium, c’est assez stupéfiant.

Après le repas, on roule une soixantaine de kilomètres sur le désert blanc jusqu’à l’île d’Incahuasy. On jurerait un îlot au milieu de la mer sauf que « la mer » est statique. On grimpe sur le petit sentier serpentant entre les cactus jusqu’au sommet et alors là, on en prend plein les yeux. Quel paysage!, c’est tout bonnement irréel. On s’octroie quelques minutes de contemplation pour digérer le spectacle et pour ranger dans sa mémoire ce tableau fantastique pour qu’il y reste ancré à tout jamais. 

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Sur le chemin du retour, on s’arrête au milieu de nulle part pour faire quelques photos insolites, avec des perspectives inhabituelles, des montages assez rigolos qui donnent des photos un peu cocasses et loufoques.

Et enfin, après une dernière prise de vue du soleil se couchant sur l’horizon de sel, on s’en revient à notre logement. 

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C’est en avion que l’on se rend à Cochabamba, ville qui accueille fin mai début juin les jeux sud-américains. C’est une assez belle ville, relativement grande avec un climat plus tempéré que celui connu ces derniers temps. On a perdu pas mal d’altitude et du coup il fait presque chaud. C’est dans un spacieux et confortable appart hôtel qu’on séjournera. À Cochabamba et dans bon nombre de ville de Bolivie, on y trouve dans les rues pléthore de vendeurs ambulants. On peut  acheter de tout, des boissons, de la nourriture, du bric à braque en tout genre et parmi eux il y a ceux qui pressent les oranges pour un excellent jus frais qu’on a drôlement bien apprécié. 

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Petit bémol tout de même, il faut bien avouer que l’on n’a pas eu trop de chance par ici. On veut prendre le téléphérique pour monter sur le cerro : fermé pour réparation. On veut prendre le bus touristique pour un tour de ville : il n’existe plus. Enfin on veut organiser deux jours dans le parc national à quelques encablures d’ici : prix exorbitants. On se contentera d’agréables balades en ville et par nos propres moyens. 

On quitte Cochabamba pour nous rendre à Potosi, une des villes minières les plus emblématiques de Bolivie. Il faut savoir qu’ici, les Incas connaissaient déjà les richesses et les trésors du cerro Rico (la bien nommée riche colline) bien avant l’arrivée des espagnols mais le peuple du soleil n’osa pas y toucher, c’était un lieu sacré et dévolu à la Pacha Mama (la mère terre). C’est un peu par hasard que les ibériques découvrirent l’existence des minerais précieux enfouis dans le sous-sol de la région et ce qui attisa tant leur convoitise c’est bien la quantité inimaginable d’argent qui se trouvait dans la montagne de Potosi. Tant et si bien que les conquistadors installèrent ici le plus grand hôtel de la monnaie de leur empire colonial. Il s’en est coulé, frappé, façonné et pesé des tonnes et des tonnes de pièces d’argent et d’alliage dans cette ville. 

Un moment fort fut la visite d’une mine. Nous en sommes ressortis profondément marqués et choqués tant les conditions de travail sont inhumaines et catastrophiques. Les accidents sont légions et dus aux installations vétustes sans parler de l’état d’insalubrité des tunnels parcourant les entrailles de la montagne. Nul besoin de préciser que le temps des extraordinaires quantités de richesses extraites est révolu depuis longtemps. C’est pour une bouchée de pain et pour simplement survivre que les hommes se tuent à la tâche. 

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Potosi, c’est une ville à deux visages. La mine, les mineurs et leur quartier d’un côté et la beauté étincelante des bâtiments coloniaux de l’autre. Le tout se mélange finalement assez bien et la gentillesse et l’apathie des gens contribue grandement au charme de cette belle bourgade vivante et colorée. 

Notre exploration de la Bolivie continue en direction de La Paz puis du Lac Titicaca. 

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4 réflexions sur “Sel et mine 

  1. Cochabamba, Potosi, La Paz, les mines… des noms, des mots qui sonnent « Voix Libres »! L’association créée par Marianne Sébastien! Je suis un peu étonnée que vous n’en parliez pas! Pour moi, la Bolivie c’est ça!
    Je découvre avec vous cette mer de sel étonnante. Sur un des paysages, on dirait presque Montreux par temps de brouillard!
    Ma foi, mes références sont limitées ;-D
    Des bises d’ici!
    Fabienne

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  2. Voilà après un long silence, me revoici en m’émerveillant toujours de vos articles et photos.
    J’en profite Chantal pour te souhaiter une belle journée d’anniversaire !
    Bises d’Attalens.

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