Tout au bout du monde

La terre de feu, voilà un bien curieux nom pour une terre plus confrontée aux grands froids qu’aux chauds rayons du soleil. Il vient des premiers explorateurs qui, en arrivant dans les parages, virent quantité de feux sur les berges fait par les indiens vivant ici depuis la nuit des temps. Des foyers qui étaient utilisés pour se réchauffer, se nourrir et s’éclairer. 

Le soleil n’était pas vraiment présent lors de notre atterrissage. Notre aéronef a été balloté dans la tourmente comme jamais il nous a été donné l’occasion de le ressentir. Des vents violents et un ciel noir et chargé nous ont accueillis sans ménagement au bout du monde. C’est sous les applaudissements nourris des passagers rassurés d’avoir senti l’avion poser ses roues sur le sol que le pilote nous souhaitait une cordiale bienvenue à Ushuaia où la température flirtait avec les 10 degrés. 

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Cette terre de la fin du monde marque des retrouvailles réjouissantes avec quelques membres de la famille qui nous rejoignent pour partager notre aventure l’espace de 3 semaines. Après plus de 8 mois de séparation, la rencontre est chaleureuse et c’est avec grand plaisir qu’on se met en chemin tous ensemble sur les routes désolées de la Patagonie. 

On met le cap sur le magnifique parc national de la terre de feu dans lequel on part pour une jolie promenade d’une dizaine de kilomètres entre forêts et côtes. Les paysages grandioses se succèdent. Tantôt on traverse un bois dense et noir, tantôt on chemine le long de la froide mer et les côtes escarpées et déchirées du littoral de la baie de Lapataia. La température est agréablement fraîche et donc idéale pour déambuler dans cette belle région. 

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Les pistes de ski d’Ushuaia sont à quelques minutes du centre et adossées au glacier surplombant la baie. Pas de neige en cette saison mais on avait bien envie de déambuler sur les contreforts de la cordillère donc on s’offre une jolie grimpette et quand on arrive sur les hauteurs, on admire la vue superbe sur la baie en contrebas.  

Le lendemain c’est une petite sortie en bateau qui est organisée. L’idée première était d’aller à la rencontre des manchots colonisant les rochers immergés ici et là dans le détroit de Beagle non loin d’Ushuaia. On est un peu tard dans la saison et les palmipèdes ont déserté les îlots du coin. On se rattrape avec des otaries qui, par centaines, se dorent au soleil après avoir chassé leur pitance journalière et plongé à des profondeurs ahurissantes durant 5 à 7 minutes en apnée. Le petit bateau se rapproche si près qu’on a l’impression de pouvoir caresser leur doux pelage chauffé au soleil. Un débarquement sur un îlot isolé pour une promenade et y découvrir la flore endémique est même prévu au programme. 

Notre visite du bout du monde touche à sa fin et l’avion nous attend déjà pour nous rendre à El Calafate, le long de la cordillère des Andes. 

Sans nul doute, quand on vient dans cette région du parc national des glaciers, il apparaît comme une évidence incontournable, c’est celle d’aller voir le si célèbre et grandiose glacier Perito Moreno. On longe le lac Argentina, un des plus grands d’Argentine. Les paysages défilent, ils sont magnifiques et l’étendue d’eau se pare de couleurs enchanteresses passant du bleu roi au vert turquoise. Le bus file en direction des montagnes et l’entrée du parc. Soudain, un doute nous assaille car une petite bruine accompagne un brouillard tenace qui pourrait bien plomber l’ambiance déjà rafraîchie par la température frisquette du jour. Si bien que la vision du glacier et du lac, à la sortie d’un énième virage, est un peu altérée et ça n’est plus qu’un amas blanc et brumeux que l’on aperçoit au loin. Mais la chance a, semble-t-il, choisi notre camp et lorsqu’on s’installe dans le bateau qui nous conduit au pied du mur de glace, le brouillard disparait et le ciel s’éclaircit. Et croyez-nous, quand vous voguez à quelques encablures du géant de glace, l’impression est difficilement descriptible, tant la démesure est palpable. Une paroi de 50 à 70 m de hauteur qui plonge verticalement dans l’eau du lac, le double se trouvant sous la surface, une largeur de 5 km, une longueur de 30 km et une superficie de 250 km carrés qui avance tous les jours d’environ 1,50 m. Le clou du spectacle du jour se déroule de retour sur terre, à quelques mètres des passerelles surplombant le Perito Moreno, quand, observant émerveillé la beauté de la nature et la masse de glace aux reflets bleutés, un craquement attire tous les regards et c’est avec fracas et dans un grondement extraordinaire qu’un pan entier du mur se détache et plonge dans l’eau : Sensations garanties !

La suite de notre voyage passe par El Cafayate et Salta un peu plus au nord mais toujours en Argentine.


6 réflexions sur “Tout au bout du monde

  1. Bonjour les voyageurs
    Nous profitons d’un peu d’attente dans l’aéroport de Cochabamba pour consulter votre blog, très beau d’ailleurs… Nous revenons de 4j extras dans le parc de torotoro. Nous sommes a sucre ce soir et a potosi demain soir, si vous y êtes peut être pourrions-nous nous y retrouver pour manger ensemble et continuer notre discussion amorcée dans l’aéroport de Cochabamba ?
    Au plaisir
    Céline, Jérôme, Lucile et émilien SENEGAS

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    1. Bonjour à vous aussi voyageurs
      C’est avec plaisir que nous mangerions avec vous à Potosi. Nous sommes là-bas jusqu’à lundi en milieu de journée.
      Vous pouvez nous contacter directement sur notre mail: solidavithe@gmail.com ou au numéro Bolivien de Daniel: 74317067
      A tout bientôt
      Chantal, Paco, Taho et Daniel

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  2. Je rattrape mon retard! Quelle joie d’ entendre vos exclamations surtout des 2 plus jeunes 🙂
    Et quelle merveille que vos prise de vue! Merci.

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