Quand on est dans l’avion, en approche de l’île de Pâques, et que l’on a le regard vaguement tourné vers le hublot, perdu dans nos pensées, alors que l’hôtesse « cheffe de cabine » annonce notre atterrissage imminent, on sort de notre torpeur et on se dit que ce n’est pas possible, elle a certainement un peu trop anticipé son annonce, ce n’est pas par ici qu’on doit atterrir. En effet, le constat est sans appel, il n’y a rien que de l’eau à perte de vue. Il n’y a que l’immense océan pacifique qui s’étire sous nos pieds. Mais, à y regarder de plus près, on distingue au loin une île verte, des falaises et une route. Ah non, pas une route, c’est la piste de l’aéroport ! Le Boeing flambant neuf de la LATAM se pose tout en douceur presque élégamment et le haut-parleur nous souhaite la bienvenue sur Rapa Nui, alors peut commencer notre aventure « pascale ».
Ce qui saute aux yeux d’emblée c’est que tout est très vallonné, il y a des volcans, beaucoup d’herbe, peu d’arbres, une quantité impressionnante de chevaux sauvages et de chiens en liberté, quelques quidams se promènent, d’autres semblent affairés.
On traverse la « ville » de Hanga Roa. Il n’y a pas d’immeuble, que des petites maisons, une rue centrale en pavés et des petites échoppes de part et d’autre. On y trouve tout : la banque, l’église, l’école, les restaurants, les agences de location de voitures, un joli port et même un terrain de foot.
On réside dans « una cabaña » terme qui désigne par ici un bungalow. On est sur sol chilien et c’est bien sûr l’espagnol qui est l’idiome en vigueur ici. Ce petit logis fera bien l’affaire pour les 10 jours de villégiature prévus sur la terre habitée la plus isolée du monde.
Comme on s’était mis en tête d’apporter un peu d’aide au nom de l’association, on avait pris contact avec le gouvernement chilien et son programme de reforestation des provinces du pays et plus particulièrement celui concernant l’île de Pâques qui en a grandement besoin. N’ayant pas eu de réponse après nos diverses tentatives, on se rend en personne au bureau gouvernemental du lieu. C’est assez surpris que l’on apprend que rien ne se fait à l’heure qu’il est et que le programme en question n’a même pas démarré. On prend note, on trouve cela un peu étrange et c’est déçu que l’on quitte le bureau.
Qu’à cela ne tienne, il y a tant de belles activités à faire et tant à découvrir sur cette île. On passe prendre nos tickets pour le parc national et c’est au volant d’un petit 4×4 fort pratique pour les routes de la région que débute notre exploration qui nous conduit, presque sans surprise, à la rencontre des fameux et légendaires géants de pierre : les moaïs. On en recense un peu plus de 1000 qui sont disséminés partout sur l’île dans des paysages souvent grandioses et extraordinaires.



Quand on chemine sur l’île de Pâques on s’aperçoit vite que l’endroit est unique, atypique et complètement différent de tout ce que l’on a pu voir ailleurs. Même l’idée qu’on s’en était faite ne ressemble en rien à ce que l’on a sous les yeux. Bien sûr, nous direz-vous, il faut vivre l’aventure sur place pour en saisir l’atmosphère et s’imprégner de la particularité de l’endroit.
C’est qu’il y a quand même certains mystères qui planent et entourent cette île volcanique perdue en plein pacifique. Son isolement constitue en soit déjà une spécificité, le premier voisin est à 2’000 km, ce qui n’est pas la porte à côté. Ensuite ces statues, avouez quand même que ça n’est pas commun, une telle grandeur, un tel poids ! L’énigme réside aussi quant au mode de déplacement de ces monolithes gravés pour les amener sur les différents sites et les ériger, pour la plupart, à plus de 10 ou 15 km de leur lieu de taille. On rappelle quand même qu’ils datent du 14-15ème siècle les colosses et que la grue et l’hélicoptère n’existaient pas. Des théories s’opposent. Ont-ils été roulés ? Tirés sur des rondins ? Ou balancés de gauche à droite sur leur base selon la technique dite du réfrigérateur ? On n’en sait rien ! Et puis la plupart sont tombés le museau dans le gazon. Tremblement de terre ? Tsunami ? Destruction volontaire pour cause de luttes internes et de changements de croyances et de cultes ? C’est pas très clair non plus. Ils représentent qui ces hommes et quelques femmes de pierre ? Des dieux ? Des ancêtres ? Toujours pas de certitude. La transmission des traditions orales s’est subitement interrompue. Il ne reste que des hypothèses et des suppositions.
Sur ce gros caillou volcanique, il y a la possibilité de grimper sur les sommets. Quand vous êtes sur la crête et que vous regardez dans le cratère, vous ressentez une sensation extraordinaire qui vous subjugue tant c’est superbe et grandiose. L’intérieur est emplit d’eau avec des plantes endémiques qui se sont développées sur des petits îlots et vous offrent une vision unique et assez époustouflante.


Et que dire quand vous descendez dans une petite cavité étroite qui était jadis un tunnel de lave et que vous cheminez à tâtons quelques dizaines de mètres en vous prenant pour un spéléologue. Gentiment, votre œil s’habitue à l’obscurité et la lampe de poche intégré au téléphone portable aidant vous vous dirigez vers le point lumineux marquant la sortie. Le tube s’éclaircit et soudain s’arrête brutalement en pleine falaise au dessus de l’océan, dans une vision impressionnante et au son puissant et continu des vagues qui s’écrasent sur les rochers une dizaine de mètres en contrebas.
Sur Rapa Nui, il y a une seule mais magnifique plage de sable blanc et qui, pour ne rien gâcher, est « gardée » par quelques moaïs érigés ici peut-être en témoignage des premiers voyageurs venus de Polynésie qui foulèrent le sol de l’île et qui la peuplèrent il y a déjà fort longtemps. On en profite pour batifoler un peu dans l’océan pacifique.
Et enfin, sous l’eau ça vaut aussi le détour et le coup d’oeil. Une petite promenade subaquatique s’imposait tant on avait entendu des bons commentaires eu égard aux sites de plongée du coin. C’est tout près du bord, après à peine 5 minutes de bateau, que la mise à l’eau a lieu. Au cours d’une jolie balade entre sable blanc et noir d’un côté et magnifique tapis de corail de l’autre, on a croisé de beaux poissons colorés dans une eau claire et limpide avec une excellente visibilité.
Finalement, mine de rien, les jours s’écoulent, les heures s’égrènent et arrive déjà le moment de filer sur le continent sud-américain avec Santiago de Chili en ligne de mire.
Joyeuses fêtes de Pâques à tous.




Magnifiques photos!! Que disfrutéis ademàs de vuestro viaje 😉
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merci beaucoup, on profite un max et essayons de transmettre aussi aux gens qui nous lisent nos belles expériences.
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