Cambodge suite…

Le bateau nous ramène au port de Shianoukville, c’est la tête pleine de paysages paradisiaques qu’on prend la direction de Kep, bourgade sise le long de la côte pas très loin de Kampot avec son fameux et délicat poivre mondialement connu.

Kep, c’est une jolie petite station balnéaire également connue loin à la ronde pour son marché aux crabes bleus. Ce n’est pas une blague! ils ont vraiment les pattes bleues les crustacés et sont forts jolis en plus. Du coup, quand on se rend au marché, c’est pour en manger et pas juste pour les admirer. Ils sont bien beaux mais ce qu’on veut vraiment savoir, c’est s’ils tiennent leur promesse gustative. Au marché, le principe est simple, il faut choisir la marchandise donc on se dirige vers la jetée où les pêcheurs sont affairés à vanter la qualité de leur butin du jour. On en choisi un qui, sans se faire prier, remonte de la mer sa nasse en bois tressé contenant son trésor. On lui demande de bien vouloir choisir pour nous les plus gros spécimens pour le poids désiré. On reçoit notre pesée et on passe à l’étape suivante, à savoir la préparation qui à lieu sur un étal voisin. Ils sont coupés en deux et cuisinés directement sur place à la mode de Kep, c’est à dire avec une sauce au poivre vert (de Kampot bien sûr !) maison, des ingrédients « secrets », des épices et le résultat est tout bonnement excellent. Enfin, avec nos crabes prêts à être mangés, on achète, auprès d’un autre marchand, un peu de riz pour les accompagner puis on trouve un bout de table, quatre chaises et le repas peut commencer. C’était tellement bon qu’on y est retourné le lendemain en y rajoutant quelques belles grosses crevettes.

Il n’y a pas que l’excellence de la nourriture dans le coin, il y a aussi de magnifiques et parfois insolites endroits à voir et à découvrir en sillonnant les routes de la campagne environnante avec nos scooters de location. Des formations géologiques souterraines impressionnantes, des marais salants, les plantations de poivre et surtout la route elle-même. Celle qui mène à la frontière avec le Vietnam et le spectacle des deux-roues chargés comme on chargerait un camion chez nous. Dans un aguillage improbable et des plus audacieux, l’équilibriste qui pilote son engin mérite toute notre admiration et force le respect.

Enfin Kep c’est aussi un petit « parc national »… alors on précise d’emblée que c’est super joli, ça constitue une belle promenade d’une dizaine de kilomètres mais on n’est pas à Yellowstone non plus. Qu’importe, on aime la nature, la végétation est belle et les points de vue aussi. On fait le plein d’air pur, ça nous fait du bien.

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Le bus est réservé et c’est par la route qu’on retourne à la capitale Phnom Penh. En chemin on étudie les possibilités s’offrant à nous dans le but de découvrir la ville, son histoire, ses habitants et à un niveau plus large, du Cambodge en général. Vous avez certainement vu et compris à quoi on faisait allusion. On se tâte, on hésite un peu et on se décide. On se rend au musée du génocide, à la tristement célèbre prison S-21, en plein cœur de la ville. Notre choix était difficile à faire mais on l’assume. Il nous semblait important de faire comprendre à nos enfants que rien n’a justifié un tel niveau d’horreur, de cruauté et de barbarie entre ces murs et dans tout le pays. Il fallait qu’ils sachent que cet épisode tragique de l’histoire très récente du Cambodge dans son ensemble est d’une gravité extrême dans lequel la dignité humaine a été méprisée et bafouée au nom d’utopies délirantes d’une poignée d’hommes dirigeant alors le pays. C’est la tête basse et la gorge nouée que nous parcourons ces salles, ces bâtiments, ces jardins hantés par les âmes torturées et tourmentées des quelques 20’000 femmes, hommes et enfants qui sont ressortis de ce lieu lugubre seulement le jour de leur exécution. C’est ensemble que nous nous recueillons et c’est ensemble qu’on s’efforce de mettre des mots sur l’innommable, sur l’injustifiable. C’est encore ensemble que nous quittons ce lieu sans mot, sans bruit et profondément marqué. De cette terrible tragédie, nous retiendrons que le génocide attribué aux Khmers rouges, c’est près de 2 millions de morts sur l’ensemble du Cambodge autrement dit un quart de la population dont la majeur partie était les personnes cultivées du pays ! Et que toute la nation se remet gentiment de ce profond traumatisme.

Sur une note plus joyeuse et emprunte d’optimisme, on vous dira que Phnom Penh c’est aussi le palais du roi, magnifique sous le ciel bleu cyan, avec nombres pagodes et bâtiments d’une rare beauté et richement décorés, reluisants sous le généreux soleil de décembre. C’est aussi une très jolie promenade admirablement aménagée le long du Mékong, on s’y prélasse et admirons encore le puissant et si important fleuve indochinois avec la valse et le ballet des embarcations fendant les flots.

Notre exploration de ce beau pays se poursuit en direction de Siem Reap avec une halte prévue à Battambang que nous rejoignons en bus.

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Joyeux Noël à tous!


2 réflexions sur “Cambodge suite…

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