Une histoire instructive

A Madagascar, il existe un endroit qui est un petit paradis (bon! Assurément pas le seul de ce pays), il se situe au sud ouest de l’île et s’appelle Anakao.

Depuis Toliara, petite ville portuaire, il y a une piste de 18 km pour rejoindre ce bout de terre face à la mer. Une autre option consiste à prendre un bateau express qui fend les vagues à grande vitesse mais le trajet prend toutefois quand même une petite heure.

C’est cette deuxième option que nous avons choisie.

C’est Eric, breton d’origine et tombé amoureux de cette terre il y a 17 ans qui nous servira de capitaine. Lui et son épouse sont propriétaires d’un petit hébergement chambre d’hôtes fait de bungalows posés directement sur la plage.

En attendant notre moyen de locomotion à l’endroit convenu, à savoir le débarcadère, une question nous taraude : Où est le ponton qui permet d’accéder aux bateaux ?

La réponse tombe d’elle même quelques instants plus tard lorsque q’un « Anakao Express » arrive dans la baie, on voit alors s’activer des chars tirés par deux zébus, ils partent en direction de la mer, y pénètre et avancent jusqu’à l’embarcation, l’eau caressant le ventre des animaux. Alors les gens débarquent et grimpent dans les charrettes puis sont reconduits sur la terre ferme.

Arrive notre tour, on se hisse dans une carriole qui nous amène tranquillement au bateau. L’expérience est assez singulière et mérite à elle seule le déplacement.

Une petite heure plus tard nous mettons pied à terre sur une plage de sable blanc dans une eau turquoise et limpide de température, ma foi, fort agréable.

On nous accompagne jusqu’à notre bungalow et on nous explique que l’eau courante n’existe pas ici. Elle est livrée chaque jour en pirogue à voile depuis la baie de Saint-Augustin ou en charrette à zébus depuis le puits d’Antet, donc inutile de dire qu’elle est très précieuse.

Pour la douche, un ingénieux système permet de chauffer de l’eau dans deux marmites en aluminium déposées dans un coffre orienté direction soleil sur le bord la terrasse du bungalow. Le coffre s’ouvre et une simple vitre avec un réflecteur en alu permet de chauffer l’intérieur du coffre tapissé de tôle et par conséquent l’eau des marmites à la chaleur du soleil. Le thermomètre indiquant la température de la caisse avoisine quand même les 100 C° au plus chaud de la journée. Ensuite de quoi, libre à chacun de mélanger à sa convenance l’eau chauffée des marmites avec l’eau douce stockée dans des seaux et ainsi faire la douche et croyez nous, du gaspillage on n’en fait pas!

Et les toilettes ? A côté de ceux-ci, un grand tonneau plastique bleu contient de l’eau de la mer que des porteurs remplissent chaque jour. Un petit seau après utilisation et le tour est joué.

Quant à l’électricité, elle est produite par le soleil et stockée dans des batteries qui permettent à chaque bungalows de disposer de la lumière 24 heures sur 24.

On nous précise encore que si nous possédons un appareil électronique à recharger il faudrait le déposer à la réception (il n’y a pas de prises dans les bungalows) et privilégier les heures pendant lesquelles le soleil tape bien fort pour ne pas entamer les réserves prévues pour la nuit.

Confort spartiate ? Que nenni ! Juste une prise de conscience qu’on peux et qu’on doit faire un peu attention aux ressources à disposition et on se rend compte sans peine que ça ne pose aucun problème et que tout le monde s’en accommode aisément.

Petite cerise sur le gâteau, on apprend que des baleines à bosses se rassemblent en cette période de reproduction et de mise bas dans le canal du Mozambique à côté duquel nous nous trouvons. On nous organise donc une petite sortie pour voir les plus gros mammifères existant encore vivants (30 tonnes et 15 mètres quand même la bestiole !).

Un peu sceptiques, on craint de ne pas en voir ou seulement de très loin mais peu importe on se dit que c’est une occasion unique d’en voir une fois dans notre vie.

Après un petit quart d’heure en mer, on aperçoit au loin un ou deux jets d’eau si caractéristiques de l’animal et soudain c’est le spectacle ! A moins de 20 mètres il y en a une puis deux, elles s’ébattent, jouent ensemble et plongent, ressortent la tête et grognent d’un rugissement impressionnant, une gerbe d’eau jaillit, elles replongent puis réapparaissent, elles semblent nous saluer avec une nageoire. D’autres les rejoignent, une d’elles passe sous le bateau, c’est féérique. On les suit un moment, c’est un ballet d’une heure qui nous captivera et nous enchantera.

Puis on les quitte un peu avec regret, mais il ne faut pas trop insister et ne pas les importuner plus que de raison.

C’était une rencontre unique, un moment privilégié et émouvant. On s’en rappellera et on gardera en mémoire ces instants magiques et merveilleux.

Pour nous, ces quelques jours à Anakao ont été riches en enseignements et nous marqueront à vie à n’en point douter.

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3 réflexions sur “Une histoire instructive

  1. Et dire que nous, on est dans les étiquettes, dans les listes d’élèves, dans les fournitures scolaires… Brrrr !
    J’imagine que ça ne doit pas vous manquer !!!!

    Je suis heureuse pour vous de ce que vous pouvez vivre ! 🙂
    Merci de le partager avec nous !
    Bisous,
    Bab

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