Madagascar

Après quelques semaines à Madagascar on ose se lancer dans une brève description de notre ressenti, de nos sensations et nos observations sur cet incroyable pays.

En premier lieu, l’environnement :

Les paysages sont magnifiques, variés et complètement inattendus. En effet, le climat et par conséquent la végétation qui va avec peuvent changer du tout au tout en l’espace de 20 ou 30 km. On peut passer d’un paysage verdoyant fait de collines avec des cultures de riz ou de légumes à la luxuriante forêt tropicale composée d’une variété incroyable d’essences d’arbres (dont certains centenaires) et peuplée d’oiseaux divers, caméléons, geckos et autres lémuriens endémiques.

Plus loin, on perçoit des montagnes grises escarpées qui paraissent sortir de nulle part ou subitement on se retrouve sur les hauts plateaux secs où seules les hautes herbes, apparement sèches à cette saison, semblent se sentir à l’aise d’y croître à leur guise en se balançant au gré du vent sur une terre rouge sang.

Il y a la côte est avec l’impressionnant océan indien qui démontre l’étendue de sa puissance en lançant sur les plages des rouleaux violents de vagues qui s’enroulent et se déroulent dans un fracas assourdissant.

En second lieu les gens :

Les gens des lieux sont foncièrement gentils, ils ont le sens de l’accueil et semblent accepter leur condition. Ils vivent au jour le jour. Peu leur importe l’anticipation ils ont déjà assez à se soucier du présent. La majeur partie de la population active est au chômage, les enfants vont, pour la plupart, à l’école mais comme nous sommes en période de vacances ils sont tous dehors, ils sont majoritairement pieds nus, aident leurs parents aux champs ou se tiennent en bordure de route pour vendre une maigre récolte du jour. Leur existence est rude, beaucoup n’ont ni eau courante ni l’électricité mais ils font avec et avancent.

Les malgaches n’ont, pour la quasi totalité de la population, pas les moyens de s’acheter une automobile, alors ils déambulent avec la seule chose qu’ils ont, à savoir leurs deux pieds… et ils marchent, ils courent, ils trottent… partout et tout le temps. On se rend compte qu’au milieu de nulle part il y a des gens par petits groupes souvent qui marchent, qui parlent, qui rient. Ils se rendent au marché du village avoisinant ou en reviennent. Ou encore ils vont ou viennent des champs.

Il arrive fréquemment qu’ils poussent une espèce de charrette à petites roues pleines sur lesquelles est greffé un volant et qui permet de charrier à peu près tout ce qui est possible (du bois, des tôles, des légumes.. on y a même vu un cochon) et lorsque la déclivité du terrain le permet, ils y grimpent et récupèrent un peu de leurs efforts sur les quelques mètres de descente bienvenus. Pour les plus nantis ladite charrette peu être tirée par 2 zébus !

Inutile de préciser que lorsqu’on s’arrête dans un marché, immanquablement surpeuplé dont les étals montés de part et d’autre de la seule route du village débordant des « trottoirs » rendant la conduite vite très chaotique, les gens nous accostent ou nous appellent, on est les « vaza » (étrangers) et force est de constaté qu’on est repéré comme le nez au milieu du visage. On comprend aisément qu’ils ne seraient pas contre quelques billets d’Aryaris ayant cours chez eux contre une poignée de haricots secs, quelques bananes ou 2-3 épis de maïs.

Ce sont les rois de la débrouille, combien de camions n’avons nous pas vu arrêtés en bord de route avec un pneu crevé pour celui-ci, l’axe de transmission démonté pour celui-là…nulle besoin de dépanneuse (de toute façon ça n’existe pas ici!) on s’affaire directement sur le bord de la route et on répare, on bricole, on rafistole l’engin pour, on l’espère, quelques milliers de kilomètres supplémentaires.

Raison pour laquelle on peut croiser des camions qu’on qualifiera d’assez récents comme d’autres qui le sont un peu moins (voir beaucoup moins) et qui sortaient des chaînes de production allemande dans les années 40-50. C’est avec le même sens de la débrouillardise que des voitures françaises d’époque du genre 2cv ou 4L roulent encore par ici, elles sont légion en ville en officiant en tant que taxi…chez nous elles sont dans des musées !

Et que dire de la récupération? Tout est réutilisable ! Ils bricolent et font du neuf avec du vieux. Le plastique, la ferraille, le papier… Non non, pas de centre de tri comme sous nos latitudes mais on s’organise on cherche, on demande, on obtient puis on transforme…ça fait partie de l’art malgache.

Nous apprécions et aimons ces moments de rencontres, ces paysages à couper le souffle, ces découvertes insolites. Mais aussi ces contrastes, ces couleurs et ces senteurs…

Voilà, pour nous c’est un peu de tout ça qui fait le charme et la diversité de ce magnifique pays.


3 réflexions sur “Madagascar

  1. Quelle plaisir de lire ce résumé. J’arrive à m’imaginer les scènes et grâce à vous, j’ai l’impression de voyager un cours instant.
    Bonne continuation dans votre périple.
    Amitiés
    Vanessa.

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  2. Coucou à vous 4, merveilleuses descriptions de Madagascar ( en vous lisant ,je crois y être à nouveau ) Toute bonne continuation de votre périple et gros bisous, Sylvette R

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  3. Vous avez tout dit avec des mots simples et pourtant si beaux. Venant d’un-e vazaha, ça fait chaud au cœur. Madagascar va tellement mal en ce moment que ça fait plaisir de lire que l’île laisse quand même de doux souvenirs à certains visiteurs

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