On arrive un tout petit peu fatigués à San Pedro de Atacama. Le passage de la cordillère des Andes à plus de 4’700 m d’altitude pèse un peu sur les organismes quand même, mais tout le monde encaisse bien le coup. On découvre le village pittoresque avec ses rues de sable. Qui dit sable, dit forcément poussière, en sachant que la dernière averse de pluie doit remonter à plus de 2 ans. Du coup, c’est un peu sec et aride, vous l’aurez compris. Mais ça n’enlève rien au charme de la bourgade toute construite de briques de terre rouge.

La maison que nous occupons en famille est faite en torchis et bois du plus bel effet le sol est en béton et finalise l’ensemble.

S’il y a quelque chose d’intéressant à faire, quand on est dans le désert loin de toute pollution lumineuse, c’est d’y observer les étoiles. Nous sommes tous très enthousiastes à l’idée de découvrir les mystères et beautés du ciel nocturne n’est-ce pas Paco et Taho? L’astronome français en charge de ce cours d’initiation à l’observation céleste possède le rare don de captiver son auditoire dans un langage choisi et adapté aux novices que nous sommes. Ajoutez-y le trait d’humour qui rend les explications captivantes et le tour est joué. On aura même l’occasion de voir l’invisible grâce à de gros télescopes orientés vers diverses portion du ciel. Et on finira par un excellent chocolat chaud, si bon que personne n’en laissera une goutte. C’est des étoiles plein les yeux que l’on retrouve notre lit où l’on rêve de Voie lactée et autres constellations peuplant la voûte céleste de l’hémisphère sud.
Le lendemain, on se met en quête d’aventures, il y a tant de belle choses à faire et à découvrir dans la région. Après s’être fait aborder de part et d’autre par les démarcheurs vantant les plus beaux sites aux prix les plus compétitifs le long de la rue piétonne dans laquelle se regroupent tout les prestataires et marchands de rêves en package, on s’arrête vers la seule personne nous ayant parlé français. C’est quand même plus simple d’avoir un guide partageant notre idiome.

De retour dans notre charmante demeure, on se prépare à manger le soir et une fois n’est pas coutume, on se permet une petite parenthèse toute personnelle pour évoquer et souligner le travail fait par Gisèle et Sylvette qui nous ont chouchoutés pendant ces jours passés ensemble. Les repas confectionnés par leurs mains expertes nous ont fait nous sentir à la maison et tous en famille, on a passé et partagé des moments magnifiques et tellement agréables qui nous ont vraiment fait du bien…alors chapeau et merci mesdames ! Sans oublier Jean-Claude et José qui ont officié entre autre en qualité de maîtres de chai et grâce auxquels les crus et cépages argentins et chiliens n’ont (presque) plus de secret pour nous. A eux aussi merci et santé!
Reprenons le fil de notre aventure avec celle du jour justement : la vallée de la lune. On prend un petit bus et c’est parti, ce n’est pas très loin de San Pedro mais le spectacle est saisissant. Quand Hergé a planché sur son album de Tintin « on a marché sur la lune » il a certainement dû venir s’inspirer du décor d’ici tant on n’a plus l’impression d’être encore sur terre. Du sable, des roches, des dunes, de la caillasse, des couleurs incroyables et pas d’herbe, bref un paysage véritablement lunaire.



La suite de la visite nous amène dans une mine de sel. La grotte n’est plus exploitée. Les passages sont quelques fois étroits ou escarpés. Il fait sombre et le plafond est bas, au final la petite balade est sympa. Après la petite séance de gymnastique, c’est le retour sur San Pedro. On se réjoui, on remet ça demain.
Cette fois c’est en direction de la montagne que l’on se rend et aux abords de deux lagunes de haute altitude à plus de 4’600 m. La laguna Miscanti et la laguna Cejar sont des petits bijoux et méritent à elles seules les plusieurs heures de bus poussif à la montée et nettement plus (trop) rapide à la descente. Petit arrêt photo, en route, pour immortaliser le chemin des Incas qui passe par le désert d’Atacama et qui rejoint, presque en ligne droite Cusco à plus de 700 km. Il faut quand même souligner l’excellence des chasquis incas, ces coureurs et messagers de jadis qui cheminaient sur des distances considérables en suivant un réseau de routes qui comptabilisait plus de 40’000 km à l’apogée de l’empire à la cité d’or tant convoitée mais jamais trouvée par les conquistadors espagnols!




Ainsi prend fin notre séjour sur ces terres désertiques et brûlées par le soleil. C’est avec un petit pincement au cœur que l’on prend congé des membres de la famille qui nous ont accompagnés ces 3 semaines. Merci à vous pour ces bons moments de partage !
On prend ensuite la direction de Calama… en plein désert. Cette ville marquera juste un passage d’une journée avant de prendre le bus pour Uyuni en Bolivie. La ville est somme toute accueillante, on y trouve de tout et elle fait parfaitement bien l’affaire pour notre halte.
Le trajet entre le Chili et la Bolivie c’est une aventure à part entière. On a réservé un bon bus relativement récent, en bon état et confortable qui part de Calama. On chemine un moment de nuit, le départ était à 6h00. Quand le jour se lève c’est magnifique, les hauts plateaux se succèdent, les montagnes enneigées au loin et des déserts de sels aussi. On arrive à la frontière chilienne, on descend du bus pour les formalités de sortie, on remonte et le bus fait à peine un kilomètre qu’il s’arrête en plein désert. Arrive un bus bolivien caractérisé par son état de délabrement avancé et on nous fait comprendre avec un grand sourire que notre voyage continue avec cette « épave à roulettes », dixit Taho. Là, on saisit qu’on s’est joliment fait gruger! mais c’est aussi ça l’aventure finalement. On passe la douane bolivienne et c’est sans encombre qu’on rejoint Uyuni et son Salar, le plus grand du monde : 17’000 km carrés ! Excusez du peu, ça tient en respect quand même.



