Rangiroa

On vous disait que chaque île a son cachet qui lui est propre et nous pouvons une nouvelle fois le vérifier avec Rangiroa où nous résidons sur un tout petit bout de l’atoll circulaire. Ici, il n’y a aucune île principale en son centre mais juste de l’eau. C’est tellement grand d’un côté à l’autre que l’on ne distingue rien en face à l’horizon, on ne sait donc pas si l’on se trouve côté lagon ou océan. Rangiroa est un amas de corail sur lequel a poussé, il y a déjà fort longtemps, de l’herbe et des palmiers et qui fait une belle circonférence de plus de 200 km quand même. Cet immense anneau de terre à la particularité détenir le 2ème plus grand lagon du monde (1446 km2). La jolie pension dans laquelle nous élisons domicile pour quelques jours laisse augurer le meilleur avec un petit bungalow face à la mer, le clapotis des vagues et le chaleureux accueil des propriétaires. Que demander de plus?

Une sortie en mer pour aller voir les fonds océaniques de l’endroit? une dégustation de vin de l’île? ou une petite visite à la ferme perlière ? Il n’y a qu’à demander et tout se met en place.

Pour la plongée, on prend possession de notre matériel et on monte à bord d’un zodiaque. L’idée est d’aller voir un peu à l’extérieur du lagon pour y croiser du « gros » comme on dit dans le jargon maritime. Quand il y a un atoll, il y a une ou plusieurs passes qui permettent le transfert et l’échange des eaux de l’intérieur à l’extérieur et inversement. Ce qui surprend un peu aussi, c’est les vagues drôlement puissantes et importantes qui ballotent notre frêle esquif. La passe franchie, on se retrouve au large, le canot s’arrête et dans une belle bascule arrière synchronisée on se jette tous à l’eau. On pouvait craindre pour la visibilité tant les vagues sont fortes et semblent brasser jusqu’au fond des 10 à 12 mètres sous la surface à cet endroit. Et bien que nenni, tout est clair et notre vision n’est en aucun cas altérée. La difficulté (minime) résida à se maintenir à bonne profondeur dans un incessant ressac qui nous chahute. A n’en point douter les poissons n’ont pas ce problème et c’est presque immobiles, pour certains, qu’on les croise et ils nous regardent passer devant eux de gauche à droite et de haut en bas.

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On vous imagine trépignant d’impatience pour connaître le fin mot de l’histoire à savoir si on a vu du « gros ». Ho oui! dans le désordre : des dauphins, des barracudas, des grosses carangues, des requins pointe noire, des requins pointe blanche, des requins gris de récif, des poissons napoléon et bien sûr une multitude de beaux poissons aux couleurs riches et variées, en banc, par paire ou tout seul. Le tout dans un décor de rêve : au fond, un tapis de corail, un peu de relief et plus loin le tombant et enfin les abysses. Au terme de notre voyage sous-marin on s’aperçoit en regonflant notre gilet que l’on se retrouve dans le lagon, tant et si bien qu’on a commencé dans l’océan, on a cheminé dans la passe et on a terminé à l’intérieur de l’atoll. Une plongée 3 en 1 avec le courant en plus qui nous poussait donc pas besoin de trop palmer.

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Il fallait bien une petite visite de la cave de Rangiroa pour nous remettre de ces belles émotions. Comme on dit chez nous, on a été déçu en bien. Parce que dans un premier temps, il faut bien l’avouer, on était un peu septique. En effet, un vin mis en bouteille sous les tropiques, avec du raisin cultivé sur un motu, n’était pour nous pas gage de grande qualité. Et bien, au final, la surprise était de taille. On a été bluffé! Alors certes ça n’est pas un vin exceptionnel mais c’est un bon vin, agréable en bouche et doté d’un bel équilibre. Au total ce sont même 3 vins blancs et un rosé qui sont élaborés et cultivés sur l’île. Ce vignoble a la singulière particularité d’avoir deux vendanges par année et de provenir de la seule vigne au monde qui pousse sur un atoll donc sur un sol fait de corail.

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C’est avec une petite bouteille sous le bras que l’on revient à notre bungalow. On s’est dit qu’il accompagnerait à merveille les prises fraichement pêchées du jour par Paco et Taho. Ils ont eu la chance de pouvoir s’enrichir des précieux conseils de Kevin sur l’art de ferrer le poisson avec juste un fil et un hameçon. En effet, c’est avec grand plaisir qu’on l’a retrouvé avec ses parents Isabelle et Jean-Marc (famille déjà croisée à Maupiti). Ils ont eu la bonne idée de déposer leurs valises pour quelques jours dans la même pension que nous. C’est ainsi que l’on a partagé tous ensemble de délicieux repas constitués des poissons pêchés par tous les garçons.

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Les îles Tuamotu sont renommées dans le monde pour abriter des élevages d’huîtres perlières qui produisent les non moins connues et magnifiques perles noires de «Tahiti». Lors d’une petite après-midi instructive, nous avons découvert l’art de la perle et de la confection de magnifiques bijoux. On en apprend sur les différents stades de l’évolution de l’huître, de la greffe et du processus de fabrication de la perle ronde avec ses différents niveaux de qualité et de taille.

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C’est sur ces images de bijoux que la page polynésienne se tourne pour nous et « bijou » semble le terme approprié pour qualifier ces îles magnifiques, perdues au milieu du pacifique sud et dans l’ensemble très bien préservées. La vie y est douce et agréable, les gens charmants et accueillants. On reprogrammerait bien volontiers une petite visite lors d’un prochain voyage, il y a tant à découvrir …

En attendant, on a encore de belles choses à voir. C’est impatients et curieux que nous montons dans l’avion qui nous dépose sur la terre la plus isolée du monde : l’île de Pâques.

 

La lenteur du wifi nous contraint d’être un peu avares en photos pour cet article. Nous espérons pouvoir nous rattraper dans le prochain.


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