L’avion se pose sur le tarmac de l’aéroport international de Phnom Penh, la nuit est déjà tombée en ce jour de décembre. On regarde par le hublot, la piste parait lisse et brillante et le reflet des lumières du terminal ne nous laisse plus aucun doute, il pleut…et même assez fort nous semble-t-il. Après les longues procédures liées aux tracasseries douanières, on récupère nos effets personnels sur le tapis roulant et on sort de l’aérogare. La pluie a redoublé d’intensité et dans la moiteur de la nuit cambodgienne, c’est un véritable orage tropical qui s’abat sur la ville. Assez vite, on nous propose un tuk-tuk pour pas cher nous assure-t-on (tu m’étonnes! avec un tel engin sous ce déluge c’est la douche assurée!). On opte sagement pour un taxi « conventionnel » et tant pis pour l’exotisme et le charme du fameux tricycle local pour cette fois.
Le lendemain, la pluie fait place à un soleil généreux avec une température des plus agréables et propice à une petite balade matinale. On se met en quête d’un bon petit-déjeuner, on s’est laissé dire que le savoir faire traditionnel des boulangers français a été largement enseigné et transmis ici et perdure depuis de nombreuses décennies dans toute la région.
C’est rassasiés que nous nous rendons au très beau musée national pour y admirer l’art khmer à son apogée dans sa fastueuse période de domination de toute la péninsule indochinoise qui se traduit par d’innombrables et très belles statues, des fresques finement sculptées sans parler des milliers de temples disséminés sur l’ensemble du territoire cambodgien.
Notre premier passage dans la capitale cambodgienne ne dure qu’un jour, on y reviendra plus tard. Et c’est rapidement que l’on file en direction du sud-ouest où l’on met le cap sur l’île de Koh Rong au large de Sihanoukville et son important port dans lequel mouillent des supertankers et autres pétroliers qui sillonnent les mers du monde.
Koh Rong c’est la mer turquoise, une plage de sable blanc parsemée de petits bungalows à l’ombre de grands cocotiers. On s’improvise même un peu Robinson Crusoé en récoltant quelques noix de coco sur la plage, en les pelant et en les partageant en deux pour en manger le cœur blanc immaculé au délicieux goût de paradis.
Même sur le paradis, l’enfer n’est jamais très loin et une nouvelle fois nous sommes à la fois tristes, révoltés et finalement presque résignés de trouver ces monceaux de déchets en bordure de mer. Cette vision devient malheureusement récurrente mais c’est toujours une désolation. On peut bien faire un petit nettoyage, le mal est profond, les traces tenaces et les solutions compliquées à mettre en place.
Pour nous changer les idées, on avait envie de faire une petite virée sous la mer pour voir à quoi ressemblait la faune et la flore aquatique par ici. C’est masques et tubas pour les hommes de la tribu et bouteille et détendeur pour la gente féminine. Le vent souffle drôlement fort ce jour de sortie en mer et les vagues mènent la vie dure à notre petite embarcation. Il vacille même un peu dangereusement notre frêle esquif mais, contre vents et marées, il nous amène vaillamment et sans encombre jusqu’au « spot ». L’eau avait tellement été brassée qu’on n’y voit pas à 2 mètres. Le coin se révéle pas terrible et nos masques, tubas et palmes retrouvèrent assez rapidement leur place sur le plancher du bateau bien rangés sous le banc. La suite du voyage devrait nous permettre de nous rattraper et on se dit que ce n’est que partie remise.
Après une semaine, bercés par les vagues du golfe de Thaïlande, on laisse notre rustique bungalow avec notre tokay (gros lézard asiatique) d’adoption et c’est déjà le retour sur le continent pour prendre la direction de Kep, en bord de mer non loin de la frontière Vietnamienne.



