Quand on prévoyait de venir au Népal, on nous a vivement recommandé de faire un circuit pour découvrir une partie des différentes facettes de ce beau pays. On nous a promis du dépaysement et de belles découvertes.
On peut dire que la promesse a été tenue et on a eu droit à notre lot d’émotions.
On fait connaissance avec notre chauffeur et c’est le départ de Katmandou pour une semaine de découvertes. Oui, un chauffeur, car inutile de préciser qu’il est pratiquement impossible pour une personne étrangère de conduire en terre népalaise. En moto à la rigueur, et encore…en effet, la conduite népalaise, c’est tout un art. Il y a le trafic incessant avec un nombre incalculable de camions customisés sans retenue, affublés de décorations des plus extravagantes et de bus peinturlurés de vives et chatoyantes couleurs. A cela s’ajoutent des motos, des scooters, des vélos, des piétons et des animaux. C’est un joyeux capharnaüm dans un tintamarre incessant qui s’entrelace, qui se croise, qui klaxonne et finalement trouve sa place et son chemin on ne sait trop bien comment. Parce qu’ici plus qu’ailleurs on dirait bien que chacun interprète le code de la route comme il l’entend, à sa façon et selon sa logique… on vous laisse imaginer le joyeux charivari.


Il y a aussi les routes, qui parfois ressemblent à des pistes de terre et de cailloux sur certaines longues portions. Il y a des trous, des bosses, rarement une ligne qui partage la chaussée. L’autoroute n’existe pas ici. En montagne c’est dangereux, il n’est pas rare que le trafic soit arrêté pour plusieurs jours sur un tronçon parce qu’un pan entier de la montagne s’est détaché et a emporté un bout de la route. C’est précisément la mésaventure qui nous attendait au 3ème jour de notre tour véhiculé. On roule depuis quelques heures déjà en cheminant par une route de montagne bien encombrée et sinueuse quand un représentant de la maréchaussée népalaise nous arrête et nous intime l’ordre de nous ranger dans la file de véhicules déjà arrêtés. Il est environ 12h30 on n’a pas encore mangé. Les gens sont sortis de leur voiture, bus ou camion, ils vont et viennent le long de la route serpentante, c’est alors qu’on se dit qu’on va en avoir pour un moment. On apprend plus tard qu’un éboulement rend une partie de la route impraticable alors il faut attendre. Elle sera réouverte à 16h00! Un demi tour n’est pas envisageable ça pendrait plus de temps que d’attendre, alors on patiente. On sort notre jeu de cartes et on s’assied sur le bord de la chaussée très vite rejoint par des dizaines de quidams curieux et intéressés par notre activité du moment. Certains essaient d’établir le contact et c’est ainsi qu’on a servi un peu d’attraction malgré nous. Des touristes par ici, on n’en voit pas des masses.
16h00 tapantes un concert de klaxons se met à résonner dans toute la vallée, pas de doute c’est l’heure de repartir. On passe à l’endroit où a eu lieu une véritable débâcle est c’est une vision incroyable qui s’offre à nos yeux, des monceaux de terre, de cailloux et de boue ont été charriés et déplacés par un trop plein d’eau dans le terrain emportant tout avec. La carcasse défoncée d’un camion finalise la scène apocalyptique.
Du dépaysement on en a aussi vu c’est certain. Dès le 1er jour on s’est rendu dans un magnifique petit village fait de petites maisons contiguës le long de la petite rue centrale réservée aux piétons. L’ensemble révélant un drôlement sympathique cachet. Et pour rien gâcher le petit bourg adossé à la montagne possède une vue spectaculaire sur la chaîne enneigée de l’Annapurna.
Le jour d’après on pose nos sacs au pied des montagnes au bord d’un, ma foi, fort joli lac sur lequel voguent paisiblement des dizaines de barques emmenant les touristes sur un petit îlot très prisé sur lequel trône un petit édifice érigé à la gloire d’une des divinités locales. Un petit sentier chemine le long d’une partie de l’étendue d’eau, les gens y déambulent sans but, le ciel est coloré de parapentes ayant pris leur envol sur la montagne d’en face…une véritable carte postale!

Ensuite, on se rend tout au sud du Népal à quelques encablures de la frontière avec l’Inde, on est accueilli par une chaleur étouffante. C’est une région d’agriculture intensive, on est dans des grandes plaines. On y fait la visite d’un parc immense avec un nombre impressionnant de temples de toutes régions et de tous pays.
Enfin, il aurait été de mauvais goût de faire un si joli circuit en omettant de passer par le Chitwan dans lequel se trouve le parc national du Népal. On s’en offre une petite visite à dos d’éléphant pour le souvenir. On ne peut s’empêcher de se questionner sur le mode de détention des pachydermes et des soins qui leurs sont prodigués. On nous laisse entendre qu’un programme de protection des espèces animales en danger a été mis en place et qu’une grande attention est portée au respect des animaux. On reste toutefois un peu sceptiques après ce qu’on a vu.
Puis c’est le retour vers Katmandou, son trafic incessant et sa cacophonie de Klaxons. Il y a la pollution et la poussière rendant l’air peu propice aux activités en plein air en cette saison sèche et chaude justifiant le port de protection faciale d’une grande partie de la population locale.

Le Népal c’est un très beau pays, il a des montagnes, beaucoup de belles montagnes et il y a des plaines, des grandes plaines à perte de vue, des vertes forêts et des vallées où tout au fond coule une rivière d’eau transparente. Nous avons adoré les paysages superbes et colorés. Nous avons grandement apprécié l’accueil chaleureux et la générosité des gens qui nous ont hébergés, ils sont souvent réservés mais toujours curieux, ils sont bons, gentils et avenants.
Une nouvelle page de notre livre d’aventures se tourne et nous nous réjouissons de poursuivre notre périple qui nous amène en Chine.




