Vivre à la mode Tamang

Au Népal, il y a de nombreuses ethnies dont les Tamangs. Ils ont leurs rites et leurs coutumes qui leurs sont propres. Ce sont des gens robustes, d’infatigables marcheurs et beaucoup vivent dans la montagne.

Notre guide, lors de notre trek, Kanchha, appartient à cette communauté et a eu la gentillesse de nous héberger auprès des siens pendant une semaine.

Dans cette région montagneuse, on chemine essentiellement sur des petits sentiers de terre et de pierres très escarpés, accrochés aux flancs de la montagne. Une « route » creusée dans la montagne faite d’ornières et de cailloux permet aux rares et exceptionnels véhicules de se rendre au village à tel point que c’est l’animation quand on entend pétarader le moteur d’un vieux camion qui tente avec grande peine de rejoindre sa destination chargé de tout ce qui est possible de transporter, comme des gens, beaucoup trop de gens, des chèvres, des sacs de riz, etc…

Nous arrivons devant une jolie maison de deux étages décorée aux couleurs tamangs, à savoir rouge sur le bas et blanc pour le reste de l’édifice. L’étage du bas est un espace de vie pour tous les membres de la famille, c’est en somme une cuisine-salle à manger. Le sol est fait de terre, 3 piliers centraux en bois soutiennent l’étage supérieur. 2 portes et 2 fenêtres apportent un peu de luminosité à la pièce. Dans un coin, 2 plaques de cuisson alimentées par une bonbonne de gaz, une petite étagère sur laquelle est rangée la vaisselle et autres ustensiles de cuisine. 2 niches dans le mur pour y déposer du bric-à-brac et c’est tout. Quelques paillasses font office de repose fesses et des sortes de petits bancs serviront de tables pour les invités car les gens d’ici s’en passent et prennent leur repas par terre en tailleur en mangeant simplement avec les doigts.

On accède à l’étage par un escalier extérieur. Il y a les chambres très simples avec un lit et une armoire pour tout mobilier. On ne saurait s’embarrasser de superflu par ici surtout qu’il faut le transporter à dos d’homme. Un petit matelas de mousse à même le sol servira de lit pour les enfants.

A l’extérieur, 3 pierres sur lesquelles tient une marmite, délimitent un brasier qui sert pour tous les mets à préparer en plein air évitant ainsi d’enfumer l’intérieur de la maison.

Le menu traditionnel népalais c’est le Dal Bath, à savoir du riz, quelques légumes relevés par un savant mélange d’épices et une soupe de lentilles. En règle générale, ce met constitue le repas des népalais au minimum 2 fois par jour.

Ici, il n’y a pas d’eau courante. Elle est acheminée depuis un petit réservoir et stockée. Quant à la douche, il y a une petite cabane avec porte et écoulement, un seau avec un peu d’eau à température ambiante ou quelque peu tempérée, si besoin, par un peu d’eau chauffée sur l’âtre extérieur et une épuisette pour se laver. Les toilettes rudimentaires forment la seconde partie du petit édifice. Ces dernières sont toutefois reliées à une cuve de récupération qui produit du biogaz pour la cuisinière. Inutile de mentionner l’absence de chasse d’eau, un peu d’eau dans le trou et le tour est joué.

Il y a de l’électricité disponible de 18h00 environ jusqu’au petit matin, elle provient d’une turbine installée dans la montagne à 5 km. Le responsable de la petite centrale hydroélectrique la met en fonction à la nuit tombée et l’arrête lorsque le jour se lève.

Nous arrivons dans le village juste avant le début de la fête de Dashain. Une fête religieuse rassemblant les villageois pendant quatre jours. A cette occasion des buffles sont sacrifiés pour être mangés, ils constituent une importante source et réserve de viande pour chacun.

Toutefois, dès notre arrivée, une nouvelle peu réjouissante est portée à notre connaissance, la tante de notre cher guide est très souffrante et ses heures sont comptées. Elle décédera le jour suivant. Les festivités sont quelques peu ajournées afin de préparer la cérémonie funéraire.

Le jour de la crémation, on nous invite à y prendre part. Nous cherchons à nous faire le plus discret possible, on n’aimerait en rien perturber les rites funéraires et nous tenons un peu à l’écart. C’était sans compter sur les us et coutumes des Tamangs : on est là donc on prend part au déroulement des hommages et on nous intègre à la célébration sans se gêner de prendre des photos. C’est tout à fait normal pour ces gens. L’expérience était forte en émotion et c’est avec un profond respect que nous y avons pris part.

La fête de Dashain a quand même lieu un jour plus tard sous une forme diminuée eu égard au deuil. Des buffles sont conduits depuis la plaine, ils sont promis à l’abattoir. Abattoir, est un endroit inconnu pour les gens d’ici. Encore une fois, on nous invite à participer à l’activité du jour. On se rend sur la « route » on rattrape un buffle à la démarche lente et fatiguée, il semble presque avoir deviné ce qui l’attendait. Il s’arrête et refuse de continuer. Il sera mis à mort et complètement débité sur place comme son congénère quelques dizaines de mètres plus haut. On vous passe les détails, mais la viande de chaque animal est savamment partagée entre les villageois, ayant au préalable acheté le buffle, avec une balance dont on n’est pas encore sûr d’avoir bien compris le fonctionnement. Expérience hors du commun ça c’est certain !

On aurait aimé participer à la véritable fête de Dashain, voir les villageois endimanchés pour l’occasion avec leurs costumes colorés et festifs, voir les danses accompagnant les chants… occasion remise à une autre fois peut-être.

C’est dans ce décor, ces conditions et au rythme de ces cérémonies que nous avons vécu une semaine extraordinaire.

On a lu un jour que l’on vit vraiment lorsque l’on sort de sa zone de confort, alors croyez-nous on croque la vie à pleines dents!

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