Le Cap oriental et la parenthèse hors du temps

La région du Cap oriental est riche en contrastes, en couleurs et en paysages variés. Il y a des montagnes, des plaines, des vallées et l’océan. Il y a des couleurs vives et marquées. C’est aussi une région plus rurale, plus profonde, plus sauvage.

Et sauvage c’est bien le terme qui convient à l’anecdote qui vient ci-après et qui a pour décor la bien nommée côte sauvage. En effet, « The wild coast » est un bout de terre coincé tout contre l’océan indien et son nom n’est en aucun cas usurpé, croyez-nous.

Il n’y en a pas tant de ces routes en dur qui mènent à travers ce territoire vallonné et elles sont dans un état qu’on qualifiera d’acceptable. Mais que dire des 40 derniers kilomètres? Ceux qui nous conduiront tout au bout du bout, au bord de l’océan, dans cet endroit perdu au milieu de nulle part qui s’appelle Bulungula.

C’est bien simple c’est une piste…ah oui ! on vous entend déjà : une piste c’est roulant et ça avance. Et là on s’empresse de rectifier : Non, celle-là n’est pas du tout roulante. Elle est même en mauvais voire très mauvais état. Elle est faite de cailloux de toutes tailles, de trous, de bosses, de terre et de sable sans compter les multiples embranchements et croisées sans aucun panneau indiquant le tracé que nous suivons tant bien que mal avec notre petit plan sommaire fourni par nos futurs hôtes. Alors on est d’accord et on doit bien concéder qu’il y en a certains qui nous croisent ou nous doublent à vive allure sans grande considération pour leur engin roulant… Et force est de constater que nous, on est assez respectueux de l’automobile qui nous a été confiée et qui soit dit en passant n’a pas l’étoffe d’un 4×4 se jouant des aléas topographiques du terrain accidenté.

On pense même que les gens des lieux n’ont pas souvent vu une voiture déambuler avec si peu d’entrain sur leurs terres…et c’est pas les écoliers qui diraient le contraire…parce qu’on en a croisé des enfants sur le chemin de l’école et bien souvent leurs éclats de rires mêlés à leurs regards amusés laissaient peu de doute à la conclusion qu’on en a tirée : ils se moquaient ouvertement de nous les chenapans. Bon! allez, soyons honnêtes pas tous, il y en avait aussi quelques uns qui, joyeusement nous saluaient simplement d’un geste amical de la main.

Il nous aura fallu quand même 3 heures de piste pour atteindre notre destination finale qui est passée d’attendue à la terre promise en transitant par la route de l’enfer.

Mais quand on arrive au bout de la piste, après avoir parqué notre auto et marché 10 minutes sur un petit sentier serpentant entre les « rondavels » et les vertes collines et qu’on voit le tableau qui s’offre à nos yeux, tout est instantanément oublié, et le lieu à lui seul vaut aisément le parcours du combattant à peine achevé.

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Des petites collines vertes s’étendent sur l’arrière-pays, des vaches broutent, des chèvres peu craintives paissent et quelques poules picorent. Des petites huttes typiques de la région décorent les prés, et devant nos yeux ébahis une immense plage déserte de sable clair dans une grande baie où tout au fond des falaises plongent dans l’océan indien qui s’étend jusqu’à l’horizon avec le murmure inlassable et mélodieux que font les vagues déferlant sur le rivage. Le tout sous un ciel d’un bleu roi sans nuage.

C’est un sentiment difficilement descriptible qui nous envahit, entre soulagement d’être arrivé et admiration devant tant de beauté et d’authenticité des lieux qui nous entourent. C’est certain, le temps ici s’est arrêté. C’est la simplicité même, le confort est certes sommaire, voire spartiate mais suffisant. Une hutte au toit de paille posée face à l’océan, des murs en terre mélangée à de la bouse, le sol aussi et 4 lits pour tout ameublement. C’est ce qui allait nous servir de gîte pour quelques nuits. Les toilettes sèches et la douche que l’on chauffe à la paraffine sont vers le bâtiment principal.

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La tribu Xhosa, propriétaire de l’endroit gère la couche et le couvert et c’est un peu à la façon des gens du coin qu’on va vivre l’espace de quelques jours. La vie en cet endroit est faite de gestes simples et a eu le bon goût de conserver un rythme tout africain dans le bon sens du terme. Les gens prennent le temps pour se parler, pour échanger et pour accomplir leurs tâches quotidiennes. Certes, ils se lèvent tôt, certes, ils travaillent à la dure mais ils vivent avec le soleil et la nature qui les entoure.

On profitera de la plage et de l’océan bien sûr. On testera sans grand succès la pêche et c’est déjà le retour obligé par la redoutée piste puis vers la suite de notre voyage en direction de Cape Town.

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2 réflexions sur “Le Cap oriental et la parenthèse hors du temps

  1. Voilà, je vous ai rattrapés dans votre voyage! Vive les lèves-tôt, n’est-ce pas Taho et Daniel ? Je débute ainsi ma journée avec vos merveilleuses photos en tête. Ici la neige pointe déjà son nez sur les sommets d’en face !!! Quelques degrés au matin. Un peu précoce cet automne.
    Vous avez eu le cran de partir et nous en profitons. Merci ! Bises

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